L'histoire :
Bruce Wayne pense pendant qu’il panse ses blessures. Gotham n’a jamais été une ville tranquille, cela va sans dire, mais ces derniers temps, elle est totalement hors de contrôle. Un serial killer fou, un immeuble assassin et ce qu’il voit désormais par la fenêtre... C’est trop et il a une furieuse envie d’expulser sa colère. L’incendie fait rage et se propage partout dans le Rookery. Il faut dire que c’est le pire endroit au monde pour qu’il y ait un départ de feu : quartiers insalubres, proximité des maisons, vétusté des logements. Le feu prend rapidement de l’ampleur et même Batman ne sait plus où donner de la tête. Il faut alors aller à la rencontre de ceux qui y vivent. Il croise un vagabond occupé à manger un rat. Il lui explique une théorie particulière sur la cosmologie de Schwarzchild : l’univers serait totalement visible à partir d’un trou noir au cœur de toutes choses. Difficile de faire quelque chose avec cela mais Batman décide néanmoins de suivre son conseil. Il se rend donc au centre du quartier et il y fait rapidement une macabre découverte…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cela fait désormais trois tomes où Dan Watters propose des enquêtes façon one shot du fameux meilleur détective du monde : Batman. Les récits ont toujours été classiques, sobres mais marquants avec des intrigues fortes et originales. Paréidolie ne déroge pas à la règle et on le sent dès le début, cette enquête va être un véritable brûlot ! Ce n’est pas seulement parce qu’on retrouve l’ombre d’un personnage mythique du Batverse de façon singulière. Pas non plus parce que le Chevalier Noir va tomber dans un danger mortel tendu par des personnages qui n’en ont pas l’étoffe. Ce n’est pas uniquement parce que le rythme est infernal-certainement dû au format court qui ne nous laisse pas une seconde de répit et au dessin ciselé de Hayden Sherman. L’enfer sur terre, à l’image de ce quartier du Rookery que Dante Alighieri aurait pu explorer pour écrire sa Divine Comédie... Watters a d’ailleurs une sorte d’obsession pour la ville, réinventant la mythologie de Gotham à chaque épisode. L’une des plus grandes forces de cet album, c’est aussi sa sensibilité. Alors que le thème est lié à la violence et à la mort, on entre paradoxalement dans une parenthèse enchantée pleine de sentiments de nostalgie et d’amour. La paréidolie est le fait de discerner des formes irréelles là où il n’y en a pas, par exemple des visages à travers les nuages. Si l’on observe bien cet opus, on voit avec des yeux émerveillés, un véritable chef d’œuvre.