parution 14 septembre 2011  éditeur Futuropolis  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale

La Mort dans l'âme

Un quadra accompagne son père dans ses derniers jours de lutte contre le cancer. Tous deux se posent la question de l'euthanasie. Un récit poignant qui aborde avec dignité plus qu'une question de société, un droit individuel ?


La Mort dans l'âme, bd chez Futuropolis de Ricard, Wens
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Futuropolis édition 2011

L'histoire :

Cyril Vanadris se souvient de son enfance heureuse, épaulée notamment par un père aimant. Aujourd'hui qu'il est adulte, la réalité est infiniment plus cruelle. Son père est interné dans un centre médical spécialisé dans l'accompagnement des cancéreux en phase terminale. Les premiers jours, l'accueil qui lui est fait est très correct mais protocolaire. On l'emmène en fauteuil roulant, on lui présente sa chambre. Le premier entretien avec son médecin lui détaille son nouveau traitement : arrêt de la chimiothérapie, pose d'une perfusion de morphine dont il contrôlera lui-même le débit, puis plus tard une gastrotomie. Monsieur Vanadris sait à quoi s'attendre et évidemment, cette condamnation à court terme le rend amère. Il se divertit en regardant le Tour de France à la télé, il a toujours aimé ça. Un psychologue se présente à lui... il le congédie et demande à parler plutôt à un prêtre. Ce sera l'occasion de disserter avec lui sur la foi et tenter de percer sa vocation. Son fils Cyril est tout aussi affligé par la situation. Comment faire pour profiter un maximum de son père, l'accompagner de son mieux, sans s'empêcher de vivre non plus ? Il l'appelle et lui rend visite régulièrement, se préparant à vivre des jours de plus en plus difficiles. Effectivement.

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Au fil de ses albums, Sylvain Ricard semble s'intéresser de plus en plus aux sujets de société tabous (Filles de rien et la collaboration ; A la folie et la violence conjugale). On aurait tord de l'ignorer, car la démarche est louable, le débat profitable et il trouve toujours l'approche adaptée. Dans cette histoire tellement « banale » d'un fils aux côtés de son père mourant d'un cancer, il est certes question de l'accompagnement en fin de vie, mais surtout de l'euthanasie. Soit un sujet de société vraiment différents des autres et particulièrement délicat d'accès. L'euthanasie fait partie de ces questions qui ne laissent personne indifférent et pourtant auquel d'aucun ne peut prétendre à une solution universelle. Ricard rythme une histoire lente, une mise en scène toute en retenue et en distance, qui sait se taire pour laisser parler le dessin d'Isaac Wens, les regards et les silences. Wens trouve le traitement graphique idoine : un trait de dessin esquissé, comme un rough rehaussé d'un lavis sépia monochrome. Les auteurs n'omettent rien : la question de l'euthanasie est confrontée à la loi, à la religion, au ressenti personnel des protagonistes. Il n'est pas non plus question d'imposer une quelconque leçon de morale en prenant partie ou d'en rajouter des louches dans le pathos. Le récit reste digne, les séquences sonnent toutes justes... et quand bien même la fin est courue d'avance, des larmes peuvent poindre, en fonction de la sensibilité et des expériences de chacun. Sur le plan de l'émotion, c'est donc un réel petit chef d'oeuvre ! On ne sort pas indemne d'une telle histoire, à réserver à un public averti.

voir la fiche officielle ISBN 9782754803052