L'histoire :
Le capybara, sorte de castor à poils rugueux et à grosse tête, est un mammifère d’Amérique du Sud, le plus gros rongeur du monde et néanmoins totalement non agressif. L’un d’eux, prénommé « Capy », s’installe un jour, durablement, dans le jardin de Bruno… sans le déranger. L’humain observe l’animal qui petit-déjeune chaque matin, reste d’un calme impérial en toute circonstance et ne fait absolument rien. Peut-être est-il adepte de méditation ? Il est en effet capable de rester parfaitement immobile pendant des heures, quand bien même le chaos règne autour de lui. Ne rien faire est peut-être son acte révolutionnaire, pour préserver une profonde consciente du moment présent ? En somme, il semble apprécier la beauté dans la passivité extrême face au moindre effort. Il savoure la perfection des journées durant lesquelles il n’a rien planifié. Il se réjouit des plaisirs simples : manger une banane, faire des câlins, ou en recevoir. Car Capy est gentil. Simplement gentil. Il mange, il dort, puis il recommence, en « pleine conscience ». Il ressent la force des présences silencieuse, se ravit en regardant les nuages, ou les étoiles, se concentre sur ses 5 sens, il se ressent dans son propre corps…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Les italiens à l’origine de ce petit bouquin d’une simplicité extrême dans le fond et dans la forme sont des malins : ils racontent le « rien », en 128 pages… et leur ouvrage est en passe de devenir un best-seller. Par quelle magie ? Justement, parce que dans notre monde civilisé overclocké, dans lequel la vitesse prédomine et les pensées polluantes s’entrechoquent, l’humain peine à se ressourcer et à retrouver ses priorités fondamentales de vie. C’est la mode du développement personnel, des stages de méditation, de quête de zénitude, de la pleine conscience, des séances de relaxation, des exercices de respiration, des promenades dans la nature. Bref, l’essence de la sophrologie, des philosophies bouddhiste ou épicurienne, pour lesquelles le comportement placide et paisible du capybara est représentatif. Car cet animal est réputé pour être ceinture noire de gentillesse et d’acceptation. En marge des courtes phrases de la romancière Lorenza Bernardi, qui agissent tels des mantras ou des haikus, la dessinatrice Lucia Carlini met en scène un capybara en proie à une tumultueuse activité parmi notre société contemporaine : profiter de l’existence, en se débarrassant de toutes les pensées qui l’éloigneraient de cet objectif unique et primordial. L’ouvrage se termine par 5 règles « capytales » vraiment géniales pour une vie heureuse. Si vous vous sentez stressé (e), prenez 5 minutes chaque matin pour relire ce bouquin (il ne faut pas plus). Si vous êtes TDAH, passez votre chemin.