L'histoire :
Paris, automne de l’an 1634. Voilà treize nuits que, sitôt après le crépuscule, un brouillard rouge se lève sur la ville. Un brouillard qui monte des entrailles de la capitale et se dissipe avant l’aube. Certains affirment avoir vu des formes s’y mouvoir ; d’autres auraient entendu des plaintes s’en échapper ; et d’aucuns parlent à mi-voix de cadavres retrouvés exsangues et secs au fond de quelque venelle, une fois le brouillard retiré. Jusqu’alors, il n’envahit que les quartiers misérables et semble arrêté par les portes et les fenêtres même mal closes. Consultée, l’académie alchimique royale a déclaré que ce brouillard, aussi mystérieux qu’il puisse être, ne présente aucun danger. Les parisiens préfèrent néanmoins le craindre. Ils l’ont surnommé l’haleine du diable. Le cardinal Richelieu questionne gueule de cuir sur cette mystérieuse brume pour tenter de découvrir celui qui affole les parisiens.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Troisième et ultime volet de ce récit de cape et d’épée teinté de magie, d’ésotérisme avec un justicier masqué qui arpente les bas-fonds de Paris et saute de toits en toits pour sauver la capitale. Dans une ambiance crépusculaire, Le roi des tombes tente d’être la dernière incarnation du diable en possédant les douze flammes du zodiaque qui lui permettront de régner sur Paris. Après la disparition de plusieurs triades, Gueule de cuir, aidé de quelques mortels, va être le dernier rempart à cette force maléfique qui menace Paris. C’est un scénario sombre qui ne manque pas d’énergie, de rythme et qui mêle une profusion de clichés liés à ce genre d’histoire : forces maléfiques, sciences occultes, phénomène inquiétant, zombies et même des références à Nostradamus. Alors certes, ce 3e opus est aussi alambiqué que les précédents au risque de perdre parfois le lecteur, mais on ne s’ennuie pas. Graphiquement, Stéphane Créty s’en donne à cœur joie dans ce Paris du XVIIe siècle avec des cadrages originaux audacieux, des scènes en contre-plongée impressionnantes ou des vues de hauteur vertigineuses, où le héros domine les rues de Paris. Les personnages sont également soignés et certains ont des trognes effrayantes. Gueule de cuir a des allures de super-héros dont le mouvement de cape ou certaines postures semblent empruntés à des personnages de comics. La mise en couleur de Jêrome Maffre renforce la dimension dramatique, voir apocalyptique du récit. Un superbe carnet clôt cette trilogie avec des éléments de compréhension supplémentaires.