L'histoire :
Dans une belle maison bourgeoise au milieu d'une immense propriété, un vieux monsieur habillé comme un baba-cool des années 1970 affirme qu'il va faire un nouveau périple en Inde, et qu'il fera du stop pour y arriver ! Son fils a son étude de notaire dans une des pièces du manoir, il est interrompu par les voix de la dispute entre Hippie Papy et son épouse. C'est un épisode parmi d'autres des évènements qui surviennent depuis que le vieil homme est revenu, à la surprise générale, habiter dans la maison qui lui appartient, imposant des habitudes de vie très détendues à une famille très bourgeoise, notamment se balader nu dans le jardin et y faire ses exercices de yoga. La petite Lou est la seule qui adore vraiment ce grand-père de 80 ans. Elle passe de longues heures à discuter avec lui dans la petite maison en bois qu'il habite au fond du parc, avec ses toilettes sèches. Lui aussi a été notaire, comme son père et son grand-père avant lui. Mais il a tout envoyé balader après une première journée de travail. Depuis, il a sans cesse parcouru le monde, notamment l'Inde pour y faire de l'humanitaire. Mais un matin, c'est une surprise de taille qui attend toute la famille : un homme à l'accent canadien vêtu d'une élégante tenue indienne frappe à la porte du domaine. Il vient rendre visite à son vieux père. Car Kiaan Codicille-Debours est le fils adoptif d'Honoré Codicille-Debours.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Zidrou poursuit une formule qui fonctionne bien : des histoires simples et gentiment moralisatrices autour du thème de l'adoption. Le premier diptyque a visiblement donné envie aux auteurs de poursuivre la série. Ils le font avec une vraie maitrise narrative, même si l'effet de surprise initial du choix du thème n'est plus présent. Avec ce fils débarqué du bout du monde, on découvre une famille très bourgeoise et caricaturale dans son mépris de classe, son goût du luxe et son obsession de l'argent... et du futur héritage d'Honoré le papi hippie. La jeune fille du couple est très sympa, en revanche. Elle envoie tous les bons sentiments tandis que ses parents se méfient de tout. Les personnages sont parfaitement campés par le talent d'Arno Monin. En un visage, il dit tout du caractère ou de l'état d'esprit de ses protagonistes. Son trait semi réaliste très accessible et expressif apporte énormément à cette jolie histoire. Zidrou, de son côté, nous amuse avec des dialogues drôles et des scènes de comédie. Tout est mis en place pour enchainer la surprise, les réactions négatives, l'inquiétude à l'annonce d'un évènement imprévu. La lecture est sympa sans être inoubliable. L'album est très grand public et ne sera pas le scénario le plus marquant de cet auteur majeur de la BD franco-belge. Mais ça fonctionne et ça se lit avec le sourire aux lèvres.