L'histoire :
En octobre 1980, l'écrivain Thomas Keneally pénètre dans une maroquinerie juive de South Beverly Hills (banlieue de Los Angeles). En papotant avec le patron qui a une sacrée fibre commerciale, ce dernier lui propose d’écrire un bouquin sur le sauvetage de sa famille juive et de centaines d’autres rescapés de la shoah. Des gens sauvés par un entrepreneur allemand et sa femme, Oskar et Emilie Schindler, propriétaires d'une usine d'armement. Deux ans plus tard, l’ouvrage de Thomas Keneally est un best-seller qui remporte le Booker Prize. Un assistant de Steven Spielberg lui en confie un exemplaire, alors même qu’il est en train de tourner un Indiana Jones, avec Harrison Ford. Spielberg profite d’une pause sur le plateau pour lire le bouquin en diagonale. Il est d’autant plus captivé par l’histoire de ce coureur de jupons qui aime l’argent, le luxe, mais sauve des centaines de juifs pendant la seconde guerre mondiale tout en roulant les nazis dans la farine, que lui-même est d’origine juive. Il appelle dans la foulée Thomas Keneally pour acheter les droits d’adaptation de son livre au cinéma. En 1999, deux journalistes allemands ont fait le voyage jusqu’en Argentine pour rencontrer Emilie Schindler et recueillir son témoignage sur les faits…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le sauvetage de 1200 ouvriers juifs de la shoah par l’entrepreneur allemand Oskar Schindler a été admirablement raconté par le film aux 7 oscars de Steven Spielerg, La liste de Schindler – et avant lui, le best-seller éponyme de Thomas Keneally. La collection des Justes de Grand Angle ne pouvait passer à côté de cette histoire, qui parait en parallèle de celle de Carl Lutz. Jean-Yves le Naour reprend ainsi le scénario de Spielberg, de manière plus précise, en apportant quelques compléments ultérieurs de contexte sur la réalisation du film. Notamment, le personnage de Schindler est ici montré sous un jour un peu moins héroïque : il était un piètre entrepreneur qui dépensait plus d’argent qu’il n’en gagnait (au jeu, en buveries…) et il trompait sa femme sans scrupule. Le rôle d’Emilie dans le sauvetage des juifs est également remis sur le devant. Leur humanisme à tous deux fut bien réel : la BD insiste sur la production de munitions délibérément inutilisables pour l’armée nazie. Le besoin de faire tourner une usine en Moravie fut le prétexte à la sortie d’Auschwitz de centaines de prisonniers, à grand renfort de corruption – une prouesse restée inédite. De son griffe semi-réaliste appliquée, Christelle Galland met en images et en scène cette biographie partielle, qui se termine par 4 pages de cahier documentaire.