L'histoire :
Quand le grand désastre a frappé, les habitants de la région pensaient que c’était la fin du monde. Ils ont fait une croix sur leur vie d’avant, mais ils sont toujours là, à avancer comme ils peuvent un pied devant l’autre dans leur nouvelle vie. Depuis quelques jours, Hugo, devenu un jeune adulte, a commencé sa formation au groupe de sécurité. Il s’en serait bien passé, mais impossible d’y couper. Dans la colonie, à son âge, c’est le lot de tous pour rester à l’abri. C’est toujours mieux que de zoner dehors comme il l’a fait pendant des mois avec sa mère et son chien Pluto, à espérer trouver un morceau à manger et ne pas se faire chopper par des pillards ou infecter par des malades. Il faut se farcir des corvées pas marrantes et supporter des lourdauds. Il faut défendre la colonie car il y a encore trop de dangers autour.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Si les premières pages de ce nouveau cycle du Reste du monde se déroulent dans un cadre charmant, presque bucolique, ne vous leurrez pas : c’est toujours l’enfer sur Terre pour ces rescapés d’un terrible tremblement de terre qui s’est déroulé quelques années auparavant. Des colonies se sont constituées et une partie des personnes les plus vaillantes ont pu organiser leur survie. Pour les plus vulnérables, par contre, c’est le purgatoire qui leur est réservé. Ils sont parqués dans un camp pour une quarantaine illimitée dont ils ne peuvent s’échapper sans risquer leur peau. Hugo et sa mère ont pu s’extraire de cette quarantaine et cohabitent désormais avec les autres membres de la colonie. Le garçon se sent étranger à cette colonie, mais il n’y a pas d’autre alternative pour survivre dans un monde dévasté et hostile. Devenu un jeune adulte, il commence à s’émanciper de sa mère, n’adhérant pas à ses hallucinations durant lesquelles elle communique avec son second fils. Six ans et demi après le dernier tome, Jean-Christophe Chauzy, qui a traversé quelques soucis de santé (lire Sang neuf), poursuit son récit post-apocalyptique au scénario encore plus sombre. Eh oui, c’est possible ! Les survivants se sont réorganisés en une société qui satisfait ses besoins primaires de sécurité. Les plus forts traitent les plus faibles et les malades comme des animaux par craintes d’être contaminés par une épidémie. Cette fiction n’est pas sans rappeler certaines situations actuelles que connaît notre monde, avec des camps de rétention. Dans cet univers en déliquescence où les éléments continuent à se déchaîner, il y a une fine lueur d’espoir pour Hugo, d’une vie meilleure. Mais on ne vous en dira pas plus. Chauzy a construit un scénario riche et haletant, disséminant des informations qui augurent d’un dernier tome surprenant ; on a hâte ! Son dessin rehaussé d'aquarelle est puissant, notamment quand il représente les stigmates du tremblement de terre. L’alternance entre les scènes où la nature a repris ses droits au milieu d’un ciel bleu et les enchevêtrements de carcasses de véhicules crée un vrai choc visuel. C’est tout simplement magnifique !