L'histoire :
Six heures du matin, dans la banlieue de Saint-Flour, la police arrive en force pour arrêter Berthe Gavignol. Cette vieille dame de 102 ans vient de tirer sur son voisin avec un pistolet allemand datant de la seconde guerre mondiale ! À l'aide d'un mégaphone, le policier en chef demande à la dame de sortir en précisant qu'elle ne risque rien. Mais cette dernière est persuadée qu'on tente de la berner pour abuser d'elle ! Du coup, elle préfère s'enfermer dans son logis ! N'ayant pas d'autres choix, les forces de l'ordre finissent donc par utiliser le bélier afin de forcer la porte. À 8h15, Berthe se retrouve au commissariat central face à l'inspecteur Ventura. Ce dernier lui apprend qu'elle est en garde à vue pour tir de calibre 22 sur les forces de police, ainsi que dans les fesses de son voisin notaire. Lorsqu'il lui propose d'appeler un avocat, la « grand-mère » refuse en précisant que les seuls avocats qui ont de l'intérêt sont ceux qu'on peut couper en deux et assaisonner avec un zeste de citron ! Après les formalités d'usage (nom, prénom, date et lieu de naissance...), André Ventura commence son interrogatoire afin de savoir comment Berthe a mis la main sur ce vieux pistolet datant de l'Allemagne nazie. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'explication de celle qu'on surnomme déjà « Mamie Luger » va le surprendre...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A l'origine, Mamie Luger est un roman policier de Benoît Philippon mettant en scène une vieille dame au langage fleuri. Voilà l'œuvre aujourd'hui adaptée en BD par le talentueux Nicolas Keramidas. Dans cette première partie, on découvre l'étonnante Berthe qui, du haut de ses102 ans, s'apprête à faire de surprenantes révélations sur son passé, en avouant placidement quelques meurtres. Dans un style inimitable mêlant gravité et humour, via des dialogues que n'aurait pas renié Michel Audiard (Les tontons flingueurs), le récit est incroyablement drôle et surprenant. Philippon n'hésite pas à basculer dans le loufoque pour renforcer le côté déjanté de son héroïne. À l'adaptation, Keramidas reste fidèle à l'esprit, prenant uniquement des libertés au niveau graphique. En effet, ici, Berthe quitte l'apparence imposante qu'elle a sur la couverture du roman et prend plutôt celle d'une vieille dame chétive. L'auteur se permet même un petit caméo en prenant lui-même l'apparence de l'agent Pujol. Mêlant efficacement humour, policier, féminisme, indépendance ou encore faits divers, ce premier album se lit avec grand plaisir et devrait plaire aussi bien à ceux qui ont déjà lu le roman qu'à ceux qui le découvriront via cette adaptation.