L'histoire :
S'arrêter suffisamment de temps pour se poser. Se poser pour contempler ce qui nous entoure dans le grand air de l'Est de la France. Car la nature invite à la méditation. A réfléchir sur soi-même. Sur sa connexion personnelle avec les choses qu'on ne voit pas forcément mais qui sont finalement essentielles à notre existence. Cette contemplation se déroule tout au long des quatre saisons sur les montagnes et dans les forêts où la nature a encore tous ses droits. Que ce soit à travers la cime des montagnes embrumées ou sur les branches des arbres qui tantôt bourgeonnent, puis voient leurs feuilles se colorer et tomber au fil du temps. Qu'il vente, pleuve ou neige. Il y a aussi ces dualités de matières perceptibles entre la pierre et l'eau; le soleil et la froideur de la neige qui invitent à admirer le poumon de notre belle planète. Loin de l'effervescence de nos villes...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
La Montagne d'encre est une succession d'estampes colorées. Plus qu'une simple bande dessinée, cet ouvrage est pratiquement muet et son scénario est indicible, mais il induit une introspection personnelle que Nicolas Debon nous partage à travers ses dessins qu'il a réalisés en contemplant la nature qui jouxtent les montagnes de l'Est de la France. L'auteur s'est inspiré des œuvres du peintre japonais Hokusaï pour prendre le temps de contempler les paysages changeants des forêts et des montagnes au fil des saisons. L'auteur s'amuse aussi à nous faire réfléchir sur les matières aussi. Les représentations de pierre sont si réalistes qu'on croirait pouvoir les toucher du bout des doigts en caressant les pages. Cette immersion totale dans la nature ne s'exprime pas à travers les mots, qui sont plutôt rares dans cet ouvrage, mais par le jeu des couleurs qui subliment chacune des planches. Nicolas Debon exprime aussi la genèse de l'encre de Chine, indispensable pour reproduire cette méditation. Car ce livre ne se lit pas, ne se regarde pas, mais il se contemple. On sent un engagement écologique de l'auteur qui, à l'inverse de nombreux de ses pairs, ne s'exprime cette fois pas par la menace ou la violence de constats climatiques toujours de plus en plus interpelants mais par une introspection qui induit la réflexion subliminale de l'existence. Un ouvrage magnifique.