L'histoire :
L’année scolaire touche à sa fin et l’instituteur m’sieur Perrault est persuadé d’avoir réussi à la traverser sans hériter du moindre surnom. Il s’aperçoit à ses dépends qu’il s’est trompé. Un jour qu’il est allé aux WC, dans la cabine à l’extérieur de l’école, Kibav’ et Kipet’ font le guet pendant qu’il fait popot. Et pendant ce temps, dans la salle de classe, Chacou, Tartarin et Flammèche lui préparent une mauvaise blague. Ils versent en effet un flacon d’encre bleue sur la serviette qui sert à l’instituteur pour effacer le tableau. Ils connaissent les tics de leur enseignant et ils savent donc que ce dernier utilise sans cesse ce chiffon et qu’il se passe ensuite les mains dans sa barbe… qui gagne progressivement ainsi une teinte bleue. Voilà m’sieur Perrault devenu « Barbe Bleue ».
Les enfants commencent à parler de leurs vacances d’été qui approchent. Or par un curieux phénomène, ils sont au moins trois familles à avoir prévu d’aller passer leurs congés estivaux au même endroit : Coco Rikiki. Ils se réjouissent déjà d'être en vacances ensemble à la mer, mais les regards désabusés des autres les font culpabiliser. Or puisque leurs maisons secondaires sont grandes, ils décident aussitôt d’inviter tous les autres de la classe.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Et voilà, 4e tome, et 4e saison conclusive pour nos enfants héros mélangés issus de contes de fées réinterprétés. C’est l’été et par une invitation collective très pratique, toute la classe de m’sieur Perrault se retrouve à passer ses vacances à la mer au même endroit. Aux scénarios, Olivier Pog continue de décliner l’ambiance poético-guimauve de ces gamins héros de Pinocchio, Chaperon rouge, Peau d’âne, Les 3 petits cochons, Hansel et Gretel, La belle au Bois Dormant, La petite fille aux allumettes, le Chat botté. Et il étend encore le domaine, en raccrochant le mythe de Barbe Bleue (voir résumé), puis surtout celui de Peter Pan (et des enfants perdus). Car oui, la fée bleue de Pinocchio et la fée Clochette sont une seule et même personne. Hop, emballé c’est pesé. L’univers rond, moelleux et coloré par des teintes délavées, dessiné par Stéphanie Léon, est toujours aussi enchanteur, sans place au hasard dans les détails. Bienveillant, poétique, il plaira assurément aux enfants rêveurs – et à leurs douces mamans. En revanche, il manquera de « souffle épique » (on va dire ça comme ça) à ceux qui cherchent de l’aventure, de l’enjeu ou du rythme. Dans le fond, ce quadriptyque d’historiettes enchainées laissera l’impression d’une réinterprétation gloubiboulga de contes, certes avec pas mal d’imagination, mais sans objectif précis de grand propos ou d’humour.