L'histoire :
Au milieu des années 1980 à Tokyo, Hamaki, la fille de Tabako, décède lors de l'inauguration du restaurant dans lequel elle travaille comme cheffe, lorsqu'elle ingurgite une soupe de ramen préparée par ses soins. Tabako ne s'attendait certainement pas à être plongé dans une enquête d'une telle envergure lorsqu'il a favorablement répondu à l'invitation de ce restaurant éphémère qui offrait des boissons gratuites à chacun de ses convives. En effet, plusieurs clients fortunés tombent aussi les uns après les autres après avoir dégusté cette soupe de ramen qui contient la forme la plus extrême d'umami, cette cinquième saveur fondamentale après le sucré, le salé, l'amer et l'acide. Son enquête l'emmène au cœur d'une véritable organisation criminelle où se cachent des yakuzas, des secrets de famille. Au fil de son investigation, Tabako cherche autant à découvrir la vérité qu'à pouvoir faire son deuil et comprendre ce qui est réellement arrivé à sa fille.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Umami est le deuxième volume de la série Cantina publiée chez Dargaud qui célèbre la réunion entre la gastronomie – considérée naguère comme le 9e art – et la bande dessinée – qui l'est devenue de nos jours. Cette œuvre peut paraître déjantée puisque l'action se déroule dans le Tokyo des années 1980 avec des animaux pour protagonistes d'une histoire qui se révèle rapidement être un polar assez noir. Le dessin s'inspire de la culture japonaise et flirte avec le manga. Mais il s'en différencie par sa lecture qui se décline dans une chronologie à l'occidentale (de la 1ère à la dernière page). L'enquête menée par le détective Tabako est intrigante et efficace. Le contraste entre le dessin rond, voire enfantin, et la noirceur du récit offre un décalage alimenté par certaines pages en bichromie (jaune et noire) de flashbacks qui permettent de mieux contextualiser le récit. Umami n'est pas uniquement un hommage culinaire japonais mais une réflexion mélancolique sur le deuil et la quête permanente de la perfection. On regrettera juste l'absence de lexique en fin d'ouvrage qui aurait permis une meilleure compréhension de certains termes japonais. Une recherche méthodique de ceux-ci sera indispensable pour en comprendre le sens.