L'histoire :
A l’automne 1821, dans son bureau londonien, le secrétaire d’état à la guerre et aux colonies Lord Bathurst découvre Orient, l’ouvrage rédigé par le « général Bonaparte » dans sa résidence surveillée de Longwood House, sur l’île perdue de l’Atlantique Sud, Sainte Hélène. L’ex Empereur Napoléon 1er raconte un assaut guerrier venu de la mer, mené par sa grande armée contre les remparts de Londres défendus par les anglais. Dans cette fiction fantasmée, mais évidement victorieuse, les français utilisent des canons installés sur des embarcations légères à fond plat… Bathurst trouve ça complètement délirant. Mais Hudson Lowe, geôlier de Bonaparte, imagine que ça puisse être probable : l’ingénieur Pierre-Alexandre Forfait, ministre de Bonaparte avant qu’il soit empereur, a effectivement mis au point cette invention dans l’objectif d’attaquer l’Angleterre. Lowe est d’autant plus suspicieux qu’il a trouvé des plans d’invasion des Indes ! Et il reste persuadé que « Buonaparte » dispose du fabuleux trésor d’Alexandre pour financer son retour. Bathurst reste dubitatif. Il n’imagine plus Buonaparte prendre sa revanche. Il conseille à Lowe de prendre un peu de repos une fois sa mission de surveillance terminée. Il lui propose un poste de gouverneur à Antigua (Antilles), qui n’excite pas des masses le fidèle serviteur de la royauté britannique…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Dans le dernier tome de cette série historique qui retrace néanmoins fictivement les derniers jours de Napoléon 1er sur l’île (très très éloignée) de Sainte Hélène, l’ex-Empereur des français brille par son absence… physique. Car son esprit de revanche et son charisme hantent définitivement l’âme de son geôlier, Hudson Lowe, quasiment devenu fou à force de suspecter les plans d’évasion et le financement d’une grande revanche militaire, à partir du trésor mythique d’Alexandre le Grand. Les scénaristes Rudi Miel et Fabienne Pigière envoient Lowe en Egypte sur le lieu de l’invention de ce trésor, une quête conspirationniste qu’il n’a probablement jamais fait. Ce qui est authentique, c’est que ce général britannique a vécu ses dernières années, hanté par cette mission ingrate de surveillance de l’ennemi géopolitique n°1 de l’Europe à l’autre bout du monde. Entre autre vilipendé par l’écrivain Walter Scot (Ivanhoé) pour le manque de dignité accordée à Napoléon durant sa captivité, Lowe n’a jamais été récompensé à la hauteur de cette mission qu’il a pourtant accomplie avec zèle. Les séquences toujours sublimement dessinées par l’espagnol Ivan Gil, spécialiste du 1er Empire, entremêlent ainsi le voyage de Lowe en Egypte et les rêves de grandeur militaire fantasmées par Napoléon en Egypte et vers la vallée de l’Indus – d’où cette couverture originale et quasi fantasyste de Buonaparte sur un éléphant.