L'histoire :
John Martyrosian peut enfin souffler. Toute sa vie, il l’a passée sur les routes de Louisiane. Pas pour flâner et encore moins pour faire du tourisme, mais bel et bien pour traquer différentes personnes pour le compte de la mafia russe locale. Prédateur de génie et au talent indéniable, John prend désormais le chemin d’une retraite bien méritée. Mais un beau jour, ses anciens employeurs toquent à sa porte et lui proposent (imposent ?) une ultime mission : retrouver la jeune fille disparue d’un couple influent de Nouvelle-Orléans. Se mettant en route et à la recherche de la disparue, John va trouver l’aide providentielle et inattendue d’un agent du FBI qui poursuit le même objectif. Ensemble, ils vont découvrir que cette disparition cache bien des secrets et motivations. Criminel et agent de l’ordre, prédateur et justicier, tout les oppose. Mais ce qu’ils vont subir et vivre le temps d’un road trip va les souder et les rapprocher.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Thriller, polar noir, teinté d’horreur et discours sur la criminalité étasunienne, La dernière aube est tout cela à la fois et bien plus. Jérémie Guez et Attila Futaki livrent un récit sans concession, reflet d’une société gangrénée par différents maux, dans laquelle héros et vilains se confondent. Très inspiré du cinéma, tant dans son écriture que dans son sens de la mise en scène et de la mise en pages, l’histoire qui nous est racontée prend le temps de poser le caractère de ses personnages sans pour autant inonder le récit d’un trop plein de paroles et de caractérisations inutiles. Tout est important et utile pour le déroulé de l’enquête et les moments de révélation du passé de nos héros, mais également l’écriture des personnages secondaires, aident à donner du corps et de la crédibilité à cet univers sombre et glacial. Appuyé par le dessin sans défaut d’Attila Futaki, très inspiré de ce que l'on peut voir sur la scène du comic book indépendant d’aujourd’hui, son travail graphique sur La dernière aube est malheureusement son chant du cygne, l’artiste nous ayant malheureusement quitté en 2024. Magnifique et poisseuse proposition, La dernière aube est un polar de haute volée qui plaira aux plus exigeants lecteurs d'enquêtes sombres, mais également aux lecteurs à la recherche d’une histoire aux multiples embranchements qui prend le temps de bien construire son univers et ses personnages. Une réussite !