L'histoire :
Chômeur depuis de longs mois, Hugo essaime son CV partout où il le peut. Ce jour-là, il le présente à une femme d’âge mur qui décharge un camion de gros colis devant une boutique. Nathalie travaille seule depuis toujours, mais puisque les affaires marchent bien, pourquoi pas embaucher ce jeune homme qui a l’air bien volontaire au… love shop. Hugo comprend alors qu’il est en train d’être recruté au sein d’un sexshop, une boutique spécialisée dans tout ce dont lui ne l’est pas. Jusqu’à présent, il avait juste été équipier dans un fast food. Pas grave, il a trop besoin de travailler. Il va donc ravaler sa timidité, ses scrupules et apprendre toutes les subtilités de ce secteur très particulier. Sur un malentendu, il refuse juste de s’exhiber dans la vitrine. Quand il reçoit ses premiers clients à la caisse, il a le mauvais réflexe de proposer « sur place ou à emporter »… Puis il s’insurge lorsqu’un client fétichiste lui demande de prendre une photo de ses pieds… Mais après avoir compris que c’était bien extrêmement payé, il fait lui-même des catalogues photos de ses pieds. Petit-à-petit, il prend de l’assurance et devient même force de proposition auprès des clientes qui n’osent pas évoquer leurs fantasmes. Un puis un ,jour, Nathalie lui parle de l’orgasme masculin prostatique…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec cet album au titre habilement évocateur, Tim Charx signe à 27 ans sa première bande dessinée. Ce sera dans le registre du gag en strips d’une demi page et du sexe décomplexé : pile comme il faut pour le catalogue Fluide Glacial et les formats courts de prépublications au sein du périodique. Vous avez compris le pitch à la lecture du résumé : Hugo, un jeune homme réservé se retrouve à apprendre les rudiments du métier de vendeur dans un magasin dédié au sexe, et aux fantasmes les plus ultimes. Il est épaulé par la gérante de la boutique, Nathalie, une femme d’âge mûr qui a une grande expérience de son métier. A son contact, il apprend à considérer les pratiques déviantes de ses clients comme une donnée commerciale. Mais il y a bien d’autres fils rouges : il culpabilise aussi de son activité vis-à-vis de ses parents, de prudes catholiques. Ses mésaventures le conduisent encore à l’hôpital, où il rencontre la femme de sa vie, une jeune interne à laquelle il va « donner sa petite fleur ». Les ressorts humoristiques sont variés, dans un registre par définition salace, mais l’auteur ne tombe jamais dans la vulgarité. Sans fausse pudeur, sur un dessin caricatural relativement simple et régulier, cet album désamorce admirablement le vice et la perversité, et démontre que quand il est pratiqué sans restriction, mais avec bienveillance et respect de l’autre, aussi ultime soit-il, le sexe ouvre la voie de l’épanouissement.