L'histoire :
Lorsque Zelba donne naissance à sa première bande dessinée éditée en 2009, Ma vie de poulpe, elle est fière. Cette œuvre compile ses histoires publiées sur son blog BD. Mais dans le milieu, cette publication n'est pas reçue de la manière dont elle l'espérait. Encore considérée comme un art mineur par certains, la bande dessinée souffre de cette image. A contrario, elle fait aussi face à des fervents défenseurs de la bande dessinée dite classique, surtout plébiscitée par les hommes. Zelba arrive dans ce milieu sans avoir les « bonnes » références, sans connaître les codes de la BD ou la ligne claire. Elle n'a cependant qu'une envie, c'est raconter des histoires. Mais en 2009, être une femme et tenir un blog BD, c'est une position complexe. En festival, les hommes la considèrent comme une pestiférée, ou comme une proie facile à draguer et à déprécier. Heureusement, elle trouve aussi du soutien et de la conversation auprès d'autres auteurs. Elle reçoit des signaux contradictoires : d'un côté son entourage proche et son public... De l'autre son milieu professionnel dominé par les hommes, qui fonctionne beaucoup par cooptation pour des projets collectifs, des expositions ou des salons.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
En introduction de Légère comme une enclume, qui compile 35 histoires, Zelba parle de son entrée dans le monde de la bande dessinée, lorsqu'elle a commencé à être publiée en version papier, en parallèle de son blog BD. Elle exprime à quel point cela a été dur et brutal. En tant qu'autrice, cela a été d'autant plus difficile de pénétrer dans ce monde très masculin. Face aux constats de manque de légitimité et du syndrome de l'imposteur, aux remarques déplacées des hommes, ou encore aux difficultés à négocier ses contrats d'édition, elle met en parallèle les aspects positifs qui ont évolué au fil des ans dans ce milieu. De plus en plus d'autrices ont en effet été reconnues dans le milieu de la bande dessinée, lui permettant d'avoir des conversations et des échanges plus riches sur les festivals notamment. Et puis, elle a trouvé sa maison d'édition qui la suit à chaque publication dorénavant, les éditions Futuropolis. Elle souligne le soulagement que cela a été pour elle d'être bien accompagnée. Passée cette histoire introductive un peu plus longue que les autres, elle propose au lecteur plusieurs scénettes de sa vie quotidienne, en restant dans le domaine autobiographique. Elle se réapproprie des histoires déjà parues, elle les actualise, elle en ajoute de nouvelles. De nombreux sujets sont abordés, comme l'homophobie, la misogynie, le rapport à la famille, au corps et à la sexualité, toujours avec ce trait un brin caricatural que l'on reconnaît au premier coup d'œil, et avec humour. Elle fait entendre sa voix et crée un lien invisible avec son lectorat.