L'histoire :
Sur une carte gagnée il y a longtemps lors d'une partie de clau'dés, une croix rouge marque l'île aux fous. Ce nom ne dit pas grand-chose à Ana et ses amis, mais c'est pourtant le nom que Miguel a mentionné en rentrant de Galéan. Cette carte est supposée être ordinaire, mais quelques îlots supplémentaires indiquent des endroits censés renfermer des trésors. L'île aux fous en fait partie. Toutes ces îles sont des bouts de terre coincés au milieu des Tumultes. Il serait suicidaire de s'y aventurer ! Si Altros détient Colomb, elle doit déjà être au courant pour l'île aux fous... Ana se permet d'intervenir dans les débats : tout cela n'explique pas comment ils sont censés remonter jusqu'au surmonde ! C'est justement là toute la subtilité des choses. D'après Miguel, on ne « remonte » pas jusqu'au surmonde, on y plonge... Pendant ce temps, dans un endroit sombre et isolé, le papa d'Ana poursuit ses recherches. L'interrogatoire de ce cher Colomb rejoint ce qu'il pressentait. Tout le monde part du principe que les surmondes sont au-dessus car on en tombe dans une énorme chute. Et si les surmondes n'étaient pas au-dessus de l'Entremonde, mais simplement sur l'autre face ?
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cy et Marc Dubuisson livrent le quatrième et dernier tome d'Ana et l'Entremonde. C'est une grande excitation, car cet opus apporte une vraie conclusion à l'histoire ; en même temps, c'est le cœur serré qu'on lit ces dernières planches, derniers liens entre les lecteurs et ces personnages attachants. Ana et Domingo sont bien décidés à retrouver le papa d'Ana, mais aussi à arrêter « La Main » avant qu'elle ne prenne possession des mystérieuses Portes-aux-mondes ! Ce dernier volume est épique, avec peut-être moins d'humour que dans les précédents, car les enjeux sont plus grands. De belles scènes d'action, des batailles navales et une quête initiatique pour Ana, touchent à leur fin. Chaque personnage a son importance, et a la place qu'il mérite dans ce dernier tome. On peut aussi percevoir les évolutions des protagonistes au fil des albums. Le scénario est bien porté jusqu'à la dernière page, mais surtout, on continue d'en prendre plein les yeux avec les illustrations en couleur directe. Cy réussit à jouer avec les couleurs, à créer des ambiances qui rythment le récit et le rendent immersif. On appréciera encore plus particulièrement les scènes qui se déroulent dans la pénombre, avec une subtile gestion des clairs-obscurs. Cette série jeunesse d'aventure devenue incontournable se clôt avec panache et ravit aussi bien le jeune public, que les plus grands.