L'histoire :
Au moyen-Age, le franciscain Guillaume de Baskerville enquête sur des décès inexpliqués dans un monastère reculé. Cherchant des indices et des pistes, il interroge un bon nombre de moines et découvre que ce lieu mystérieux abrite secrets, vices et haine, qui relèveraient aujourd’hui de la torture et de la psychiatrie. Il est accompagné par un novice, le jeune Adso, qui vient de faire la connaissance d’une jeune femme… qui lui a fait découvrir l’extase. Mais la belle disparaît en laissant Adso assoupi. Baskerville et Adso cherchent encore des informations dans les méandres de l’architecture monumentale du bâtiment, répertoriant chaque pièce. L’énorme bibliothèque a une place de choix et semble détenir le cœur des secrets. Les choses se compliquent pour ce monde clos à l’arrivée de l’envoyé du pape (celui-ci est très contesté), puis à celle d’un inquisiteur, évidemment cruel. Bien des moines ont de graves fautes à cacher et l’inquisiteur sera impitoyable, surtout envers les plus faibles. Comme envers cette mystérieuse femme aux buts forcément sataniques. De son côté, Baskerville constate, sur un nouveau moine assassiné, des traces noires aux doigts et à la langue. Son enquête progresse...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après avoir raconté le Caravage en diptyque, le premier album de cette adaptation du célèbre roman d’Umberto Eco, mis en scène par Manara, avait suscité l’admiration des lecteurs. Outre sa grande maîtrise du dessin, on retrouvait une incarnation parfaite des personnages, les ambiances habitées, une mise en lumière unique. Sa « photographie », si l’on parle « cinéma », à la fois brumeuse et profonde, signe un graphisme qui joue entre l’atténué et le contraste, subtil. Le dessinateur multiplie les cadrages et les cases, parfois nombreuses dans les interrogatoires et les dialogues. L’atmosphère générale de ce tome est plus sombre, plus resserrée que dans le premier du fait de l’enquête qui progresse, mais dans un seul lieu. Il y a aussi un peu plus d’illustrations à la manière de l’époque pour des récits annexes. La grande idée de Manara est d’avoir prêté à Baskerville les traits de Marlon Brando, acteur génial et charismatique, mais surtout mystérieux, complexe, au visage fascinant. Il donne une réelle épaisseur au personnage central, encore mieux que Sean Connery dans le film de Jean-Jacques Annaud. D’ailleurs, celui-ci a signé une postface où il raconte des anecdotes sur son adaptation du roman au cinéma et son dialogue avec Umberto Eco. On l’a compris, nous sommes chez les grands, pour une grande histoire vénéneuse et documentée. Merci maestro !