L'histoire :
Au crépuscule de la seconde guerrre mondiale, la fin de règne de Mussolini semble plus proche que jamais. Le dictateur italien ne veut pas s'y résoudre, comme en témoigne l'ultime médiation organisée par le cardinal Schuster, réunissant le Duce et le Comité de Libération Nationale. Mais plutôt que de rendre les armes et d'avaliser sa reddition comme il lui est explicitement suggéré, Mussolini préfère réunir ses derniers fidèles et prendre la direction de Côme. A ce moment même, les partisans du soulèvement de son régime envahissent la ville sous les chants d'Avanti Popolo, les premières paroles de Bandiera Rossa, le célèbre chant du mouvement ouvrier socialiste italien dont se revendique Folco, jeune adolescent immigré italien qui rêve de liberté. Sa première rencontre hasardeuse avec celui qu'il est censé combattre sera déterminante.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Ceux qui s'attendent à un récit historique sur le règne de Mussolini risquent bien d'être désarçonnés en abordant cet ouvrage consacré au dictateur italien qui a régné sur la botte transalpine jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Le récit de cette bande dessinée ne s'est pas réalisée autour du règne du Duce. Il évoque plutôt le début de sa chute vécue à travers les yeux d'un jeune révolutionnaire, Folco. Ce qui confère d'ailleurs à l'ensemble une dimension plus humaine que l'aurait été une simple narration historique et biographique de Mussolini. Pat Perna, le scénariste de ce récit, est réputé pour sa rigueur dans la documentation historique de ses précédentes œuvres (Kersten, médecin d'Himmler, La Part de l'Ombre...). Ce dernier ouvrage n'échappe pas à ce constat en respectant les événements sous une trame plus romancée, qui ne déforce cependant pas le récit historique. Le dessin de Malo Kerfriden est très expressif, lisible et pose les contours d'une ambiance sombre qui colle parfaitement aux circonstances de l'époque. Ce premier tome d'un diptyque peut, en revanche, paraître assez lent, vu qu'il pose les jalons d'un ensemble historique complexe. Le second volume devrait pouvoir justifier cette mise en route quelque peu laborieuse, mais indispensable pour poser les bases de cet ouvrage.