L'histoire :
Guangzhiu, palais du gouverneur, septembre 1809. Bai-Ling parle avec un de ses conseillers. Les pirates de Zheng Shi ont encore frappé. Ils ont pillé un navire marchand portugais appartenant à une des nombreuses compagnies occidentales qui assurent le commerce. Le gouverneur a compris le jeu de Zheng Shi qui veut obliger les étrangers à intervenir sur les eaux chinoises et ainsi discréditer Bai-Ling auprès de l’empereur. Les troubles causés par les pirates nuisent fortement au commerce. Demander de nouveaux renforts à Pékin devient embarrassant. Le gouverneur reconnait qu’il a été présomptueux en croyant que la mort de Zheng Shi allait entrainer la fin de la confédération des pirates dont il était le chef. Jamais il n’aurait pensé que son épouse ait suffisamment d’autorité pour lui succéder. Le risque est désormais que les portugais veuillent intervenir sans l’accord du gouverneur. Bai-Ling suggère à son conseiller d’adresser un courrier aux portugais pour leur proposer une alliance et se débarrasser de ces pirates.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Suite et fin de ce diptyque qui est librement inspiré de la vie d’une pirate qui a terrorisé les mers de Chine au début du XIXe siècle. Selon certains historiens, Zheng Shi aurait commandé plus de 300 jonques et aurait eu jusqu’à 40 000 pirates sous ses ordres. Elle est considérée comme ayant été la plus puissante pirate du monde entier. Cette aventurière légendaire était le personnage idéal pour inspirer Jean-Yves Delitte. Dans ce second opus, le spécialiste des vieux gréments, peintre officiel de la Marine Belge et accessoirement directeur de la collection Les grandes batailles navales relate notamment la bataille de Tung Chung qui, selon l’auteur, n’a pas marqué les annales des grandes batailles. Cet affrontement chaotique et confus entre les portugais, aidés par la flotte chinoise contre les pirates, donne lieu à des scènes de combats meurtrières où les corps sont déchiquetés et les explosions spectaculaires. Si le fil de l’histoire est relativement classique, c’est au niveau graphique que le lecteur en prend plein les mirettes. Si l’on fait abstraction sur le fait que les personnages de Delitte ont souvent des traits ressemblants, la reproduction des navires à voiles est tout simplement impressionnante. Les jonques comme les 3 mats portugais sont dessinés dans le détail avec le souci du mouvement sur l’eau. Les double-pages sont des tableaux à elles-seules dans lesquels on se plonge avec émerveillement.