L'histoire :
Le Voyageur est un dévot de Ghylak, le dieu-serpent à tête de femme, divinité de la mort et des ténèbres. Il parcourt le désert sans fin d'Agerutt, pillant les tombes et fuyant les Ombres qui le traquent. Sur sa route, il n'hésite pas à massacrer ceux qu'il croise afin d'offrir leurs têtes à son dieu impie. Maudit par une relique dérobée dans le désert, sa main droite se couvre peu à peu d'étranges marques violettes. À l'approche d'une mystérieuse structure de pierre à moitié ensevelie, il croise un autre voyageur. Celui-ci lui propose une alliance susceptible de leur apporter une immense fortune. Mais le Voyageur le tue sans hésiter, s'empare de son amulette et pénètre seul dans le donjon. À l'intérieur, il devra trouver son chemin, affronter des créatures, surmonter de redoutables épreuves et, surtout, faire face à son propre reflet.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après un premier tome marquant, Vermis revient avec Miroirs et Brume, une nouvelle descente dans un univers aussi fascinant que profondément malsain. Si l'ouvrage reprend les codes qui ont fait le succès du précédent volume, il propose cette fois un récit plus dense sur le plan narratif. À l'image d'un vieux guide de jeu ou d'un manuel de RPG des années 1990, les passages racontant la progression du Voyageur alternent avec des pages didactiques sur cet univers maudit. Ces respirations évoquent les écrans de chargement des jeux vidéo, enrichissant le lore tout en renforçant l'immersion. L'imagination de Plastiboo déborde d'une inventivité rare. Chaque nouvelle page semble naître d'un esprit délicieusement torturé, où l'horreur ne se limite jamais aux créatures difformes. Le véritable malaise s'insinue également dans les thématiques abordées et dans la lente dégradation psychologique du protagoniste. Graphiquement, Miroirs et Brume est une nouvelle démonstration de la maîtrise graphique de l’auteur. Son esthétique reproduit avec une fidélité impressionnante celle des guides de jeux rétro, jusque dans la mise en page et les illustrations monochromes. Chaque dessin oscille entre le grotesque et le sublime, suscitant un mélange constant de fascination et de répulsion.