L'histoire :
Taniss, Ulyss et sa sœur Alyss jouent au jeu des devinettes historiques dans une bibliothèque gigantesque, sous la supervision d’une Intelligence Artificielle, Alexandria. Le personnage historique qu’il leur fallait trouver à partir de la question : « Qui a couru dans les rues de Syracuse en criant un mot archi connu ? » est « Archimède » (et il criait Eurêka, car il avait trouvé…). Soudain un livre tombe tout seul de son étagère. C’est la biographie du Général de Gaulle. Quand ils l’ouvrent, ils s’aperçoivent que des mots s’effacent tout seul ! Alexandria les avertit : cela signifie qu’une altération est en train de se produire dans l’espace-temps. Un interférence a dérouté le cours de sa vie le jour du 13 juin 1940, alors même qu’il est au point de créer la Résistance ou d’abandonner, résigné. L’équilibre de l’Histoire contemporaine est menacé ! Il faut absolument qu’ils interviennent au plus vite ! A partir de ses écrans de simulation sur l’Histoire, Alexandria donne un cours rapide aux trois jeunes. L’IA rappelle que la France est entrée en guerre contre l’Allemagne nazie en 1939, mais la « drôle de guerre » n’a fait bouger les lignes qu’à partir du 10 mai 1940, lorsque Hitler lance l’offensive via les Ardennes belges…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cette nouvelle série de chez Jungle, qui promet par son titre d’être à la fois historique, fantastique et jeunesse, débute sans la moindre contextualisation. Des ados discutent avec une IA dans une bibliothèque improbable et géante. Sans plus de raison non plus, un bouquin sur De Gaulle leur impose une mission temporelle : réparer l’Histoire du passé afin que la linéarité temporelle ne fasse pas dévier le présent. Un bon vieux classique de la problématique des voyages dans le temps, défini par Barjavel dans le Voyageur imprudent et popularisé par la saga ciné Retour vers le futur. Sauf qu’ici tout ce qui arrive à nos jeunes voyageurs temporels parait artificiel, prétexte à focaliser sur tel ou tel aspect de l’incroyable destin de Charles de Gaulle, puisque c’est de ce grand personnage historique dont il s’agit dans ce (premier) tome. Au gré des voyages que les jeunes font à travers un portail rond bleu à la logique douteuse et extensible, on saute ainsi de son fameux appel du 18 juin à son enfance, ou à ses relations initiales avec Pétain, ou à son char sur la route de Montcornet… avec des missions niaises qui frisent l’escape game bon marché pour école primaire. La construction narrative patchwork, avec une psychologie de personnage nulle et des rebondissements invraisemblables s’appuie sur un dessin académique gentillet, pauvre en décors et assez mauvais s’agissant de caricaturer les figures authentiques. Un saut dans le futur nous permet de déterminer qu’il sera impossible de rectifier le tir au tome 2.