L'histoire :
Après la mort de son fils avec qui elle avait coupé les ponts, terrassé par un infarctus, une vielle dame se rend, la tristesse chevillée au cœur, dans le vieil immeuble où vivait son fils. Après quelques hésitations, elle se décide à ouvrir la porte pour rentrer dans l’appartement de son enfant. Malgré les tensions du passé, se retrouver seule sans lui est un véritable déchirement et les souvenirs remontent vite à la surface. En quittant l’appartement, la sexagénaire tombe nez à nez avec la voisine de feu son fils, celle qui a découvert le corps et appelé une ambulance. Cette dernière est plutôt embêtée car elle a recueilli le chien de son voisin et elle ne peut pas s’en occuper. La vieille dame ne compte pas le prendre avec elle, mais il se pourrait que la fourrière vienne le chercher. La sexagénaire refuse ce nouveau compagnon et regagne son domicile. Arrivée chez elle, elle s’écroule de tristesse devant la photo de son fils. Le lendemain, là voilà repartie pour récupérer ce satané chien. Deux mois plus tard, le cafard est toujours bel et bien présent mais sa relation avec le chien est très forte. Il est devenu son confident et un véritable ami qui lui fait oublier son malheur quotidien. C’est bien simple : elle se moquait des gens qui parlent à leur chien mais elle fait pareil ! Ce compagnon à quatre pattes est sa bouée de sauvetage et rien n’y personne ne pourra la séparer de lui. Un beau jour, il y a un accident du côté de la centrale nucléaire à côté de chez elle : il faut évacuer…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Il suffit parfois de peu pour faire basculer une existence. Tout commence lorsqu’une sexagénaire solitaire hérite de Vaillant, le chien de son fils récemment décédé, avec lequel elle avait coupé les ponts depuis des années. D’abord réticente face à cette présence imposée, elle finit peu à peu par tisser avec l’animal une relation aussi inattendue qu’essentielle. Ce lien fragile devient rapidement le cœur émotionnel d’un récit profondément humain. La bascule survient lorsqu’un incident nucléaire impose l’évacuation immédiate du village. Comme tous les habitants, elle doit partir en urgence avec une consigne implacable : laisser son chien sur place. Dès lors, David Muñoz construit un récit à double lecture, alternant le combat de cette femme pour retrouver Vaillant et la survie du chien livré à lui-même dans une zone désormais interdite. Malgré un sujet hautement émotionnel, l’album évite le pathos en privilégiant une narration sobre et sensible. Graphiquement, Tirso Cons maîtrise son trait. Son dessin réaliste capte avec justesse les silences, les regards et les émotions, tandis que les paysages et les grandes planches contemplatives renforcent l’immersion. Certaines séquences presque muettes se révèlent particulièrement fortes. À l’arrivée, Attends-moi est une lecture émouvante et délicate, qui explore avec beaucoup de justesse le deuil, l’attachement et cette capacité qu’ont parfois les animaux à réparer des vies abîmées.