L'histoire :
« Le mal, c’est quoi le mal ? Le mal, ce n’est qu’une idée. Il n’existe que si nous lui donnons une réalité. Et c’est ainsi que chaque cauchemar, même le pire, prend forme, devient vivant, respire. Je me suis battue contre toutes les peurs dès mon premier souffle… et ainsi, le mal est venu à moi. Mais maintenant je vous vois… Je vous vois et je suis revenue pour vous libérer de vos cauchemars ». Rome, cimetière acatholique aujourd’hui. L’inspecteur Flavio Argento est appelé sur une scène de crime. Une victime d’environ quinze ans, non identifiée, est allongée sur une tombe. Sa nuque a été brisée, et un pieu lui a été planté dans le cœur. Sur la croix surplombant la tombe, une inscription marquée avec son sang : « Je suis Carmilla ». Le père Abrams les rejoint. Il sait qui est Carmilla...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
C'est à chaque fois un grand plaisir de découvrir les magnifiques peintures numériques d'Alessandro Manzella. D’autant plus que dans ce nouveau récit sombre et fantastique – « patte » de l'équipe scénaristique – de magnifiques plats en vis-à-vis et deux pages de garde en couleurs nous sont offerts. Une manière de rentrer, comme une invitation, dans ce récit de... vampires. Le duo est ici rejoint par Giada Cecchinelli, autrice et éditrice romaine chez Weird book Italie, spécialisée dans les biographies et récits d'horreur, apportant une touche peut-être encore davantage sanglante que dans l'opus précédent. Le récit, comme d'habitude, débute par une scène onirique, puis rejoint la réalité où un crime satanique nous est présenté, et va être enquêté par l'inspecteur et sa collègue psy Gloria Cassini. Celui-ci prend le temps du développement et les superbes cases peintes s'amusent même du détail : des phares de voiture, la nuit dans une flaque, de la pluie qui tombe du ciel obscurci... Beaucoup d'ambiances donc et un graphisme acéré pouvant rappeler à certains égards celui d'Ashley Wood, mais un scénario précis, maîtrisé, ne souffrant pas l'à peu près. Il en faut du courage, pour sortir indemne des durs scénarios de ces auteurs là ! On pense parfois à Hellblazer, avec ce flic perturbé et aux « démons » – sa femme Giovanna décédée – le visitant lorsqu'il piétine dans l'enquête, ou, plus facilement, à Dylan Dog, fumetto oblige. N'empêche, quelle chance de pouvoir se régaler d'un tel aréopage de talents, au sein d'un bel album cartonné couleurs. La classe italienne moderne !