L'histoire :
Cinq ans après que Warren a choisi de faire cavalier seul, devenu le nouveau héros des Sentai en sauvant la ville d’un vieillard transformé en géant, la colocation est au bord de l’implosion. Nikki passe ses nuits à corriger à coups de poing les hommes qui se comportent mal dans la rue. Satoshi est devenu formateur à la Sentai Corp et entretient une liaison avec sa supérieure dans l’espoir d’obtenir l’autorisation d’enquêter sur l’étrange boue kaiju qui envahit peu à peu les plages du pays. Sofia tente tant bien que mal de concilier sa carrière d’avocate, son rôle de mère auprès de son fils Masao et le maintien d’un semblant d’ordre au sein de la colocation. Quant à Héloïse, elle a depuis longtemps renoncé à l’idée de servir le bien commun. Elle n’utilise plus son costume de Sentai que pour monétiser son image sous le pseudonyme de Blue_Queen, lors de lives érotiques et de chats privées sur la plateforme Sentai Cam. Son plus fidèle client n'étant autre que Warren. L’arrivée de deux squatteurs, Belette et Yvan, vient bouleverser le fragile équilibre qui subsistait encore dans la maison, tout en apportant une bouffée d’air frais. Alors qu'une boue de particules Kaiju menace les côtes...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec ce deuxième tome de Shin Zéro, Guillaume Singelin et Mathieu Bablet poursuivent leur relecture du genre sentai dans une œuvre hybride, à mi-chemin entre le manga et le comics, fidèle à l’identité du Label 619. Derrière les costumes colorés se cache avant tout un récit profondément humain. Confrontés à la vie active, aux ambitions professionnelles, aux responsabilités familiales et aux difficultés du vivre-ensemble, les héros voient leurs trajectoires s’éloigner peu à peu. Dans un monde frappé par les crises sociales et écologiques, l’entraide qui faisait autrefois leur force devient de plus en plus difficile. Mathieu Bablet dépeint avec justesse les désillusions d’une génération qui a le sentiment d’avoir hérité d’un monde abîmé. Sans jamais tomber dans le discours moralisateur, il retranscrit ce sentiment d’impuissance qui traverse une partie de la jeunesse actuelle à travers un récit du quotidien à la fois tendre et mélancolique, ponctué de séquences plus spectaculaires héritées des codes du sentai. Le scénario est sublimé par le dessin de Guillaume Singelin. Son noir et blanc foisonnant de détails donne vie à des personnages immédiatement reconnaissables, tandis que l’utilisation parcimonieuse de la couleur, réservée aux Sentai et à quelques moments clés, renforce l’impact visuel et émotionnel de certaines scènes.