L'histoire :
Julie emmène son jeune frère à la fête foraine de Trouillensac. Après avoir gagné un pingouin en peluche au stand de tir à la carabine, ils se dirigent vers « le train de la mort », un manège que tous les enfants redoutent car il fait super peur. Quentin a beau jouer les fiers, il est mort de trouille et essaie de repousser l’expérience à l’année prochaine… Mais Julie arrive à le convaincre qu’avec elle, ils ne risquent rien. Pour autant, le monstre qui poinçonne les tickets est réellement effrayant avec sa tête de citrouille. Il leur promet que la mort sera au rendez-vous. Il y a trois autres binômes au sein de la session à laquelle Julie et Quentin prennent part. Dans le wagon de derrière, un jeune couple qui se bécote ; devant, le jeune Sandro et son oncle ; et dans le wagon de tête, une vielle dame Henriette et Xavier, un jeune adulte éclopé monté avec sa béquille. Aucun n’est rassuré quand le train démarre et s’enfonce dans les profondeurs sépulcrales du roller-coaster. Après les premières pointes de vitesse façon montagnes russes, le train s’arrête dans un paysage bucolique artificiel. Tout le monde est invité à descendre et le défi est annoncé : le dernier arrivé en haut de la colline sera éliminé. Xavier et sa béquille partent nettement défavorisés…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Défini par son titre évocateur, le concept de cette série ambitionne évidemment de faire frissonner les jeunes lecteurs. Chaque album est indépendant des précédents, avec des nouveaux personnages, un nouveau contexte, une histoire autonome, etc. Seul point commun : tout se déroule dans le même patelin, Trouillensac, qui réunit sur le plan situé en pages de garde tous les quartiers clichés des situations horrifiques : le château en ruine, le marécage, le pensionnat abandonné, le barrage menaçant, le cimetière, la prison… Pour ce second épisode, ce sera donc la fête foraine et plus précisément le train fantôme. Un train fantôme pour le moins méga conceptuel et gigantismesque (sic). Aucun roller-coaster du monde ne pourrait rivaliser, vue l’ampleur des montagnes russes, la démesure des challenges thématiques, qu’on affronte en dehors du train qui mue soudainement en… d’autres choses ésotériques. Bref, ce train convoque plus les névroses intime et les angoisses oniriques qu’il ne répond aux réalités des parcs d’attraction. L’extravagance des expériences induites n’a aucune vraisemblance et parait rechercher une cruauté artificielle façon Squid Game. De fait, zéro trouille générée et un n’importe nawak scénaristique au programme, qui échoue à marier paradoxalement une approche guimauve bon-enfant de la trouille et les choix parfois immoraux des personnages. La dessinatrice italienne Arianna Farricella, épaulée par Paul Drouin pour la direction artistique, mobilise une griffe académique qui répond à un cahier des charges marketing et maximise les ambiances et l’extravagance spectaculaire (crash d’avion, cyclone de canards géants…).