L'histoire :
En ce jeudi de l'Ascension, la fête du Saint-Sang à Bruges est à son comble. Cette reconstitution des dernières heures de la vie du Christ portant sa croix va bientôt atteindre son paroxysme. « ...Pourquoi nous as-tu abandonnés ? ». La célèbre parole du fils de Dieu raisonne dans la foule, alors que l'éclat du soleil resplendit d'une puissance tout à fait inhabituelle, comme répondant en écho à cette phrase désormais deux fois millénaire. La foule toute entière est absorbée par cet évènement troublant. C'est alors que le Christ acteur ordonne de poser le reliquaire. Il s'empare alors de la fiole censée contenir le sang séché du Christ et l'expose au soleil en professant des paroles dignes d'un prophète… et s'écroule, enfin évanoui. Dans sa main, le flacon semble maintenant contenir un sang neuf tout à fait liquide. La salle Nervi au Vatican est emplie de fidèles venus délibérer de ces évènements qui ressemblent en tous points à un miracle. Ils sont venus écouter le pauvre acteur qui n'a pour seul lien avec la religion qu'un vrai physique de Jésus version barbue. Celui-ci avoue ne se souvenir de rien. Pourtant, les centaines de smartphones qui ont filmé la scène ne laisse guère de place au doute : au contact de la main de l'homme en transe, le sang séché s'est fluidifié et s'est diffusé dans le tube jusqu'à le remplir…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Ce deuxième tome (sur trois prévus) se présente comme un album central sur tous les plans. Stéphane Betbeder avait déjà surpris en offrant une belle collection de phénomènes chrétiens non expliqués, à tendance miraculeuse, en entremêlant dans un scénario brillant textes millénaires et prophéties, pour une opposition en toute intelligence de la foi et du scepticisme. Cette suite tout à fait surprenante fait très habilement basculer le tout dans l'effroi le plus total qui laisse planer le doute sur l'identité des forces mises en œuvres. Alors que les ingrédients de cette soupe ésotérique sont connus depuis fort longtemps, la recette est quand à elle novatrice et réussie. Avec des planches adaptées au ton de l'œuvre, alliant décors ecclésiastiques et matériel médical, Elia Bonetti nous inspire avec des cadrages en plongée saisissants et inspirées, reflétant tantôt l'émoi de la foule, tantôt le désespoir ou la surprise de ses personnages principaux.