L'histoire :
Un attroupement s’est formé sur un quai de Lyme Regis en Angleterre en 1811. La jeune adolescente Mary Anning a en effet découvert un magnifique fossile de « crocodile » de plus de 200 Kg et la famille tente de le vendre pour subvenir à leurs besoins – le père de Mary est mort de tuberculose l’année précédente. Le prêtre local donne d’emblée une explication à ce phénomène qui n’a rien de merveilleux : c’est juste un crocodile aplati par le poids du déluge. Lord Henley l’achète pour 23£… mai Mary s’insurge : ça ne ressemble pas à un crocodile, d’ailleurs les pattes ressemblent à des nageoires. Elizabeth Philpot, une jeune femme aristocrate éclairée, assiste à la scène et revient voir Mary quelques mois plus tard, alors qu’elle tente toujours de vendre des petits fossiles. Elle lui montre un livre dans lequel sa découverte de crocodile, attribuée à Lord Henley, a fait l’objet d’un article et l’animal a été appelé « protéosaure ». Dès lors, Mary s’instruit au maximum sur ce sujet en autodidacte. Elle lit Cuvier, elle pratique des dissections d’animaux morts pour mieux comprendre leurs squelettes… Des années plus tard, elle a exhumé des falaises proches de sa ville un autre fossile géant, dont la structure ressemble à celle d’un oiseau. Le colonel Birch que son amie Elizabeth a sollicité est époustouflé et lui propose de lui acheter un bon prix…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
La scientifique britannique Mary Anning a déjà fait l’objet d’une biographie en BD (en 2022 chez Faton). Il faut dire que cette jeune scientifique autodidacte, véritable pionnière de la paléontologie balbutiante au début du XIXe siècle, a fait des découvertes majeures dans ce domaine et que son talent a été longtemps et injustement « oublié ». Cela a commencé par la découverte d’un squelette d’ichtyosaure à 13 ans, puis un plésiosaure géant 10 ans plus tard, puis un fossile de ptérodactyle… Elle a mené une grande quantité de fouilles, parfois au risque de sa vie (comme le montre la couverture) et elle a légué à la postérité bien des schémas et analyses éclairées. Elle sera également la première à identifier la véritable nature des coprolithes, à savoir des excréments fossilisés de lézards. Rarement créditée pour ses découvertes – car les femmes étaient alors proprement négligées, notamment la Société Géologique leur était interdite – elle est moins connue que Richard Owen (l’inventeur du mot « dinosaure »), mais elle est sans doute l'une des plus importantes paléontologues de tous les temps. Cette biographie factuellement racontée par Kapik et dessinée sous une griffe semi réaliste proprette par Julie Bouvot lui rend hommage. L’ouvrage se termine par un court cahier pédagogique.