L'histoire :
Une journée comme les autres sur la paisible côte bretonne : le retraité Fanch Karadec dispute une petite partie de pétanque l’après-midi, puis un billard le soir, au pub « le Dock Yard ». Il reçoit alors un coup de fil de son ami Goulven, qui lui demande de passer dès le lendemain. En effet, la mère de Goulven est au plus mal et elle vient de faire d’étonnantes révélations à sa famille, sur son lit de mort. Elle a raconté que durant la Seconde Guerre Mondiale, celle-ci avait eu une aventure avec un allemand, qui avait abouti à une grossesse secrète et à la naissance cachée d’une petite fille en février 1944. Pour éviter la honte, elle avait abandonné la petite, prénommée Léa, dans un orphelinat brestois… qui fut ensuite bombardé à la libération. Dans le tumulte, personne ne sait ce qu’est devenue la fillette. Avant de mourir, la vieille aimerait savoir ce qu’est devenue sa petite fille et demande l’aide de Fanch, qui dispose de véritables talents d’enquêteur. Pipe au bec, le détective amateur se met rapidement sur l’affaire, en commençant par les archives du Fort Montbarey, où se trouve un musée de la Seconde Guerre Mondiale…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A la croisée de Loulou la brocante et de Jérome K Jérôme, l’enquêteur breton Fanch Karadec met sa moustache et sa perspicacité au service d’un honteux secret de famille, dans cette troisième enquête indépendante aux relents régionalistes. Comme le fait le scénariste Frank Giroud dans sa collection de Secrets, il s’agit ici de retrouver une enfant illégitime abandonnée, puis disparue, 70 ans après sa naissance. L’enquête de Stéphane Heurteau se déroule dès lors selon un rythme minutieux et lent, sans incohérence, mais sans fulgurance non plus. Une agression de rue sert de climax et d’unique scène d’action au récit… et les amateurs d’adrénaline devront s’en contenter. Sérieux, mais tranquille et classique, en quelque sorte. Ce troisième volet permet aussi de retrouver le coup de crayon bonhomme de Sébastien Corbet. Le dessinateur exhibe une nouvelle fois son talent semi-réaliste tout en rondeurs, au travers d’un crayonné sur-contrasté couché brut, pour une ligne graphique plus régulière qu’auparavant. Cette griffe affable et agréable accorde toujours beaucoup d’empathie aux personnages…