L'histoire :
Luther et Pete sont des potes de collège inséparables. Ce matin, il sont excités parce que Luther a acheté un bouquin : La méthode Hercule, le genre de truc qui explique comment se muscler à la maison. Pas besoin de banc de muscu, ni poids ni haltères : un tapis, une chaise... enfin vous voyez le délire... Il faut dire que ces deux-là sont fins comme des ablettes et ils en ont ras le bol de se faire pourrir à longueur de temps par Jacobson, le gros balèze du bahut. Ils passent un moment dans la piaule de Luther, qui se met direct au boulot : « La clé de la méthode Hercule est la concentration de son esprit et de son corps vers un seul objectif. En alignant les deux, l'athlète peut parvenir à les contrôler consciemment ». Quel blabla ! Puis le gamin passe à table avec sa mère, séparée de son père. Luther mange comme un ogre et quand sa mère fait tomber une assiette, il la rattrape dans un réflexe foudroyant. Bizarre, pour un ado particulièrement gauche...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
C'est entre 2012 et 2017 que sont parus les 3 volumes de Luther Strode, ici réunis pour une pagination de 470 pages. Le premier constat qu'on peut faire, c'est que depuis, la série n'a pas pris une ride. Le second, c'est que c'est une œuvre post Kick Ass, qui vient surfer à l'époque sur le concept d'hyper violence popularisé par la série écrite par Mark Millar. Cela ne veut pas dire pour autant que c'est une pure resucée, mais quand même, ça commence par un adolescent banal... Bon d'accord, au lieu de s'abreuver de comics et de faire le justicier, ici, Luther Strode se découvre des super-pouvoirs dont il ne sait que faire et va devoir accepter un statut qui le rattache à une légende millénaire. Alors si le départ de la série est particulièrement réussi, le scénario peine assez vite à se renouveler et il s'avère donc très linéaire. Ca découpe dans tous les sens et notre Luther affronte les uns après les autres des types aux pouvoirs similaires, qui n'amènent absolument rien à ce qui est censé être l'intrigue. A tel point qu'elle finit par ressembler à un prétexte à l'ouverture du rayon boucherie ! Vous l'avez compris, le cœur de l'action est dans le gore et plus les pages passent, plus on pourrait s'amuser à faire des stats à base de bastos tirées, de cadavres empilés et de litres de sang par centaines. Côté dessins, Tradd Moore marque le terrain avec un style aussi dynamique que caricatural, ce qui lui a valu d'être trusté par la suite chez Marvel. Au final, Luther Strode n'est pas déplaisant mais clairement Justin Jordan a tiré sur la corde, la série ayant connu un beau succès commercial. Un comics de niche, réservé à ceux qui kiffent l'ultra-violence.