L'histoire :
Ce premier album réunit cinq récits :
- Cinema Purgatorio : Chaque jour, dans le Cinéma Purgatorio, de nouveaux films sont diffusés, des longs métrages qui transposent le spectateur dans un monde étrange...
- Code Pru : Prudence débute comme ambulancière à New York. À chaque intervention, elle découvre que des créatures font parties de la population, sans que cela ne choque personne.
- Modded : Dans le futur, les hommes capturent des monstres afin de les entraîner et de les faire combattre les uns contre les autres.
- A More Perfect Union : Les Etats-Unis sont en pleine guerre civile. Alors que des soldats se mettent en marche de bataille, des créatures géantes approchent...
- The Vast : Des monstres gigantesques s'affrontent un peu partout sur Terre, au grand désarroi des forces armées...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Depuis plusieurs années maintenant, Avatar Press est devenu la maison d'édition de prédilection d'Alan Moore. Si sa verve alterne les fausses bonnes idées (Crossed +100) aux coups de génies (Providence), son envie de tester des approches nouvelles pour lui reste immuable. C'est ainsi qu'est né Cinema Purgatorio, une anthologie où lui et d'autres artistes vont mettre en scène des monstres dans des récits très différents. Ouvrant le bal lui-même et en compagnie de son partenaire sur La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, Kevin O'Neill, nous découvrons un cinéma où tous les jours un film est diffusé. Or, ceux-ci ne sont pas des longs-métrages très classiques. Si l'on comprend très vite le délire que nous présente Moore, celui-ci a un peu de mal à prendre. Cela n'est ni effrayant, ni drôle, éventuellement grotesque. Le résultat n'est pas mauvais, juste un peu décevant. Ensuite, Garth Ennis et Raulo Caceres nous présentent Code Pru, une histoire plus intéressante puisque l'on va suivre un duo d'ambulancier soignant des monstres au milieu des humains. Le contexte n'est pas très original mais Ennis fait dans l'efficace tout en s'appuyant sur l'espagnol Raulo Caceres dont les dessins sont vraiment époustouflants de finesse. Le Modded de Kieron Gillen n'est ni plus ni moins qu'une version post-apocalyptique de Pokémon. Heureusement, Ignacio Calero est un jolie découverte aux dessins. Max Brooks s'amuse quant à lui à imaginer une uchronie en se basant sur une des véritables batailles de la guerre civile américaine. Michael DiPascale accompagne ce récit dans un style plus sage et moins détaillé que celui de ses prédécesseurs. Enfin, les amateurs de kaijus seront ravis de suivre The Vast de Christos Gage. Certes, l'histoire est basique mais les dessins de l'argentin Gabriel Andrade valent le détour. C'est un programme irrégulier et étonnant qui nous est présenté dans ce premier album. Intéressant, même s'il n'est pas sûr que cela plaise à tout le monde....