L'histoire :
Hal Jordan marche seul dans le désert du Nevada, l’air hébété, les yeux grands ouverts. Une voiture de police arrive à sa hauteur et s’arrête. Le policier interpelle l’inconnu : que fait-il seul à un endroit aussi sauvage ? Hal ne répond rien et continue inexorablement sa marche, le regard vide. Le policier insiste et finit par remarquer que, au-delà du caractère étrange du personnage, il laisse sa main gauche cachée dans sa poche. Sans hésiter, il sort son arme et lui demande de sortir doucement sa main. Pourtant, l’étranger ne réagit toujours pas, semblant perdu dans ses pensées. C’en est trop et le policier lui ordonne d’aller doucement à terre, les deux mains bien en avant. Il prévient qu’il va tirer s’il n’obtempère pas. Jordan finit par parler et lui demande de se calmer. Mais le représentant de la loi reste sur ses positions et lui redemande une dernière fois de s’allonger au sol. Il n’a pas le choix : il sort, terrorisé, sa main gauche de sa poche… trou noir !
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le projet Absolute n’a pas livré toutes ses surprises et voici une nouvelle série que l’on attendait avec impatience : la version Green Lantern écrite par Al Ewing ! Cela démarre comme Immortal Hulk avec un côté très angoissant et plein de tensions. Les emprunts à différentes œuvres sont d’ailleurs légion : la ville est fermée par un bouclier de champ de force comme dans Dôme de Stephen King, l’angoisse de l’extra-terrestre rappelle La guerre des mondes et Abin Sur ressemble à un inquiétant Freezer ! Cet étonnant amalgame laisse place aussi à une réécriture des Green Lantern qui décoiffe. A commencer par le personnage principal, Sojourner Mullein, que l’on connaît moins, et qui endosse la responsabilité de porter l’anneau vert. On est scotché devant l’audace d’Ewing qui réinvente avec intelligence tout l’univers des Green Lantern mais il faut le reconnaître : c’est vraiment la première partie qui se détache avec cette ambiance délicieusement horrifique. Le reste est plus classique puisque l’on découvre l’univers SF des différentes Lanternes. Ce qui marque le plus, c’est le graphisme époustouflant de Jahnoy Lindsay. Alternant le trait des visages façon manga et la puissance des pouvoirs des super-héros façon comics, le dessin est prodigieux de beauté et d’irréel. Mullein se détache de l’ensemble avec un visage si doux et si fort… la nouvelle icône des Lantern.