L'histoire :
Comme il le fait quand les choses ne tournent pas rond, Bruce réfléchit devant la fenêtre au clair de lune. Du néostigmine détourné, une palette d’Atropa Belladonna volée et 2000 litres de diméthylhydrazine disparus… de quoi fabriquer beaucoup de toxine pour infecter toute une ville au moins. Qui pourrait faire cela à part le Joker ? Il n’a néanmoins pas le temps d’aller plus avant dans ses réflexions car, médusé, il voit une forme rouge se rapprocher rapidement. Un homme masqué pulvérise la fenêtre et entre en trombe dans son salon. Ce personnage est un inconnu mais lui, connaît Bruce Wayne. Il est d’ailleurs très excentrique, pour ne pas dire fou à lier, car il voudrait savoir si un milliardaire comme Wayne aurait un contrat à donner à un mercenaire comme lui. Bruce ne tremble pas mais semble particulièrement agacé par le discours sans fin de cet étrange inconnu. Qu’est-il vraiment venu faire chez lui ? Batman… ce forcené cherche Batman car il a un contrat sur sa tête. C’est à ce moment que le Batsignal s’allume. Cela fait rire l’étranger qui est tout heureux qu’on lui serve le Chevalier de Gotham sur un plateau. Il se précipite dehors pour rejoindre le signal. Bruce n’a plus le temps de réfléchir : il va devoir intervenir rapidement…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Il y a des crossovers qui n’en portent pas vraiment le nom mais là, c’est le crossover ultime ! Les auteurs ont commis le crime de lèse majesté : réunir Marvel et DC ! Cela dit, cette pratique osée n’est pas une première puisque quelques titres ont déjà mêlé auparavant les personnages des deux firmes. Urban édite donc ces histories particulières dans un coffret qui pourra contenir les deux numéros sous forme de fascicules. Ça claque dès le début avec la superbe couverture de Greg Capullo et l’association inédite et explosive de Batman et Deadpool. Le Mercenaire Fou brise le cinquième mur en venant à Gotham et l’histoire est à son image : drôle, déjantée et ultra dynamique. Cependant, le crossover ne se contente pas d’un seul choc au sommet puisque plusieurs mini récits s’ensuivent et entremêlent les personnages DC/Marvel. On adore l’association émouvante entre Captain America et Wonder Woman (avec le dessin tout en délicatesse de Terry Dodson), une union qui va de soit tant les personnages sont bons et honnêtes. L’alliance Daredevil-Green Arrow est aussi super emballante avec les traits d’esprit de Kevin Smith et l’incroyable dessin d’Adam Kubert. Plusieurs autres mini récits sont par contre inférieurs en qualité et trop courts pour emporter l’adhésion. Notamment, et ça fait mal de le dire, le délire grossier et brouillon de Frank Miller qui imagine un combat balourd entre Wolverine et Batman. Dommage également que Panini n’édite pas également ce titre pour que le crossover soit total.