L'histoire :
Dans cette France gouvernée par Pierre Laval, depuis le coup d'état de février 1934, le cessez-le-feu négocié par la Société des Nations préserve Paris des bombardements anglais. Mais la tension entre les deux pays reste très forte, la guerre ne semble pas prête de s'arrêter. Les grandes puissances que sont les Etats-Unis et l'Union Soviétique restent pour le moment en dehors du conflit, le partage de l'ex-Allemagne depuis la chute du Reich ayant créé une forme de paix provisoire. Les pilotes français qui ont rejoint l'Angleterre pour libérer la France du joug fasciste de l'Oméga, vont survoler les chantiers navals de Saint Nazaire où un sous-marin ultra moderne a été détecté. En leur sein, Pierre Mendes France se porte volontaire, prêt à prendre tous les risques lors d'une approche aérienne des installations. Pas question pour lui de rester à l'abri à Londres, alors que la menace d'une arme nouvelle semble se dessiner. A la veille d'un grand concert de l'orchestre de Moscou au château de Serrant, de grandes manœuvres s'organisent. La comtesse et châtelaine joue un double-jeu que les autorités ne connaissent pas, tandis qu'elles partent à la recherche d'espions américains qui auraient été repérés sur le territoire.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec ce nouvel opus, les co-scénaristes Fred Duval et Jean-Pierre Pécau donnent un prolongement à Omega, le 14ème Jour J. C'est une très bonne idée, tant il était frustrant de se contenter d'un unique album pour évoquer cette France fasciste de la fin des années 30, et ses étonnants personnages parfois à contre-emploi. Encore une fois, le duo de scénaristes construit un univers cohérent à partir d'une distorsion de l'Histoire. C'est le principe de l'uchronie, autrement appelée rétro-fiction ! Une nouvelle fois, nous découvrons donc non seulement Simone de Beauvoir en propagandiste du régime, mais également Georges Marchais en accompagnateur de l'orchestre de Moscou... et beaucoup d'autres. Comme toujours, l'avalanche de références et de citations alourdit un peu le récit, qui gagnerait en densité si elles étaient moins appuyées. C'est le choix des auteurs, cette sorte de recul sur leur propre exercice, qui provoque pourtant une forme de prise de distance du lecteur. C'est un peu regrettable, au vu du potentiel énorme que représente cette série vraiment innovante et admirable à plus d'un titre. Cela dit, ce nouvel opus remarquablement mis en images par Maza tient ses promesses en termes de créativité et de cohérence, approfondissant les conséquences de l'affrontement entre France et Royaume Uni. Il sera complété d'un volume de clôture, indispensable, au vu d'une fin extrêmement tendue qui nous laisse sous tension après 64 pages d'immersion.