L'histoire :
En avril 1849, à Abensberg (actuelle Allemagne), « le belge » se souvient de ses années militaires au sein de la grande armée napoléonienne. C’est ici qu’il a perdu ses amis et il y est revenu en famille, pour une sorte de pèlerinage. En effet, 40 ans plus tôt, les chasseurs français et bavarois sont engagés sur ce front contre les forces autrichiennes. La veille d’un important combat, tous s’enivrent dans une taverne pour se donner du courage. Le vague à l’âme derrière son épaisse moustache, « J’y étais » a un funeste pressentiment. Au point de vouloir transmettre le médaillon représentant sa fille à son ami le belge. Le lendemain du 20 avril 1809, la bataille s’engage. Elle est terrible : « Mâtin » perd sa mâchoire dans un coup de feu et « J’y étais » est transpercé de plusieurs balles. Alors qu’il effectue quelques raids vengeurs contre les troupes isolées, le belge et quelques hommes tombent dans un guet-apens. Il prend un mauvais coup de baïonnettes au flan et se retrouve, à demi inconscient, empilé parmi beaucoup d’autres sous la tente des blessés. A cet endroit infernal, durant plusieurs heures, voire plusieurs jours, des chirurgiens exténués multiplient les interventions, amputations, trépanations, opérations, sans anesthésie. Le belge a de la chance de passer entre les mains experte de Merlot. Car son confrère Delaunay est, parait-il, un vrai boucher…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A chaque opus, Souvenirs de la grande armée focalise sur un aspect différent de la vie des soldats engagés dans la grande armée napoléonienne. Or, à la différence de bien des livres d’Histoire, le scénariste Michel Dufranne ne s’intéresse que peu à la dimension macroscopique – l’évolution des cartes et la collection de conquêtes – préférant plonger le lecteur au sein d’une troupe de soldats, pour en retranscrire le quotidien. Cette fois, nous retrouvons nos 3 protagonistes amis récurrents (Mâtin, le Belge et J’y étais), engagés dans ce qui ressemble à leur dernier combat ensembles. Mais rassurez-vous, si cet épisode est effectivement lourd en pertes, il y aura bel et bien un tome 4 (et sans doute bien d'autres), en déhors de la chronologie classique. Bref ; surtout, nos chasseurs se confrontent cetet fois au corps médical à l’œuvre dans ce contexte de guerre massive… En marge de scènes de boucherie aussi horribles que crédibles (il faut supporter l’hémoglobine), Dufrane nous gratifie d’une intrigue « policière », courant sur 40 ans. Plus accessoire, celle-ci nous détourne légèrement de la démarche de la série, mais elle s’avère parfaitement huilée. Seul bémol : si les encrages du serbe Alexander sont toujours aussi chiadés et détaillés (woah, encore une fois, les scènes de batailles !), il est dommage que les deux médecins concurrents soient aussi semblables, au point d’instiller parfois la confusion.