L'histoire :
Le tournant des années 1970 marque l’âge d’or de Boule et Bill dont le succès ne cessera de se développer. Jean Roba s’apprête à fêter ses dix ans de carrière dans la bande dessinée. Il se voit consacré par le public à travers les référendums et les ventes de ses albums, tandis que diverses organisations culturelles ou médiatiques célèbrent ses personnages. Or l’heure n’est pas à la fête pour tout le monde, ou tout du moins pas au sein du Journal de Spirou qui, lui, se remet très difficilement du changement de régime imposé brutalement par la direction au printemps 1968. L’éviction d’Yvan Delporte, son rédacteur en chef, a bel et bien sonné le glas de l’âge d’or de l’hebdomadaire qui peine à se relever. Le succès de l’auteur étant lié à la bonne santé du journal et inversement, cette situation n’est pas sans conséquences sur l’art de Roba.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cette 4e intégrale des aventures de Boule et Bill reprend entre autres les gags parus dans les tomes 7 à 10 de la série, ainsi que L’avis de chien et le Carrousel Boule et Bill à la campagne. Pour débuter cette intégrale, la spécialiste de l’âge d’or de la BD franco-belge, Christelle Pissavy-Yvernaut, nous replonge dans les coulisses et l’histoire parfois mouvementée des éditions Dupuis. Elle livre de nombreuses anecdotes méconnues du grand public. Si aujourd’hui Boule et Bill appartient au patrimoine de la BD, son créateur n’a pas toujours eu l’estime qu’il méritait par son éditeur qui jugeait son style trop grand public. L’histoire de cette famille ordinaire au sein de laquelle chaque lecteur peut se projeter doit son succès à Bill, le cocker que Roba humanise sans verser dans l’anthropomorphisme. Son caractère teigneux, râleur, désobéissant, revanchard et l’humour bon enfant des gags séduit. Chaque lecteur peut ainsi se projeter dans le quotidien de cette famille grâce au ton simpliste. Cette intégrale qui décortique le travail de Roba entre août 1969 et mars 1973 foisonne de documents. On retrouve notamment les nombreuses publicités sur lesquelles le dessinateur a travaillé, des couvertures du magazine Spirou ou encore des planches originales encrées sans la couleur. On (re)découvre des travaux de Roba avec un style plus adulte et un humour un peu plus incisif. On peut également saluer le travail éditorial pour réaliser une intégrale de plus de 280 pages d’une belle qualité.