L'histoire :
Le réchauffement climatique a transformé le monde en un gigantesque dépotoir suffocant. Les bribes d’humanité qui subsistent se divisent en deux catégories qui se livrent une guerre sans merci : les chrétiens hystériques d’un côté et les idolâtres du rock n’roll de l’autre. Dans ce contexte, quatre musicos d’un groupe de punk rock ont été exhumés et ressuscités en zombies par un savant fou, le docteur Vonderpumpe. Ils ont fait un disque, puis se sont laissés dériver à bord d’un vieux cargo rouillé… jusqu’à rencontrer une sorte de divinité lacustre qui leur a offert un nouveau projet positif. Le bon docteur Chadbourne leur explique en effet qu’en passant un disque d’Adamo à l’envers, il a entendu une prophétie salvatrice sur leur époque de merde. Celle-ci dit que « lorsque les quatre reliques du rock n’roll, qui furent jadis dispersées, seront réunis par des morts revenus de la tombe, le monde enfin sera réconcilié et régénéré ». CQFD : les morts ressuscités, ce sont eux quatre ! Et les reliques qu’ils doivent retrouver sont la Bible de Jerry Lee Lewis, l’entonnoir de l’amour de Wanda Jackson, l’harmonica de Slim Harpo et le doudou d’Elvis Presley. Allez zou, au travail. Let’s rock.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec la complicité scénaristique d’Arnaud le Gouëfflec, docteur es-rock et compère sur Monsieur Léon et Gotlib une vie en bandessinée – le dessinateur Julien Solé ressuscite les Zumbies qu’il avait animés en 2010 et 2012 sur des histoires signées Yann Lindingre. Après tout, ressusciter est le propre des zombies ! Enfin, « propre »… Sous les crayons de ces deux auteurs, le qualificatif n’est pas le plus approprié. Car si les quatre zombies rockeurs reprennent du service, c’est pour une mission bien foutraque, parfaitement dans le ton de la philosophie punk. Au gré de 6 historiettes qui conviennent au format de prépublication dans le périodique Fluide Glacial, ils reçoivent une mission divine de la part du vrai créateur (oubliez les autres) : le docteur Chadbourne. Ils doivent retrouver et réunir 4 reliques sacrées du rock n’roll, afin de rétablir l’harmonie et l’amour sur Terre. Déborah doit retrouver la Bible de Jerry Lee Lewis ; Hank doit récupérer l’entonnoir de l’amour de Wanda Jackson ; Dee Dee se met en quête de l’harmonica de Slim Harpo ; enfin Johnny cherche le doudou d’Elvis Presley. Bref, dans Manhattan post-apo, dans le bayou plein de crocos, dans une fête foraine ultra-chrétienne, et dans le far-est aride et contrôlé par un magnat mexicain du fromage, ça part dans tous les sens, dans le bruit et la fureur, via un dessin tout terrain d’une giga souplesse, avec une ligne directrice relativement libre… comme dans un bon gros morceau punk à la disto tellement saturée que les mauvaises notes passent crème. Pour prolonger l’expérience, le Gouëfflec a écrit et composé deux réels titres de garage rock, joués par quatre artistes brestois (dont Julien Solé à la basse !) édités sur un vrai vinyle (ou sur Deezer et Spotify… cherchez The Zumbies !). Oh yeah.