L'histoire :
L’octogénaire Huguette croise une vieille connaissance au rayon frais du supermarché. Elle prend des nouvelles de sa dépression. L’autre lui répond qu’elle l’a emmenée en vacances en Bretagne… et prend à son tour des nouvelles des hémorroïdes d’Huguette. Celle-ci lui répond qu’elle les a emmenées du côté d’Arcachon…
Huguette, Paulette et Lucette acceptent de participer une nouvelle fois à la séance de spiritisme de leur amie. Pour améliorer le résultat précédemment décevant de l’exercice, elles décident de porter chacun un objet ayant appartenu à l’être aimé – c’est-à-dire leurs époux respectifs. Ainsi, le soir venu, elles s’installent autour d’un guéridon en invoquant les esprits de Gérard, Marcel, Jean-Claude et Ernest, avec… leurs vieux slips sur la tête.
Huguette surprend Lucette devant un étalage de cercueils. « Alors on fait du shopping ? » Lucette explique qu’elle se renseigne, qu’elle compare les prix, qu’elle se prépare, parce que ça bien finir par lui tomber dessus un jour ou l’autre. Enfin, tout en tapotant le cercueil, « le plus tard possible, touchons du bois ! »
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Quelque part entre les Vamps et les Bidochon, il faut désormais compter sur #lesmémés de Sylvain Frécon. Et tant pis si on ne met jamais d’accent derrière un hashtag, cela renforce encore plus l’inadaptation de ces héroïnes du 3ème âge à notre belle modernité contemporaine. Ces trois veuves, qui ont fait leur deuil depuis belle lurette (c’est qui Lurette ?), prennent la vie qui leur reste du bon côté, sans oublier vaguement qu’elles finiront par basculer dans le fatal mauvais côté. Alors elles picolent, font gentiment la teuf, se remémorent leurs lointaines aventures sexuelles et profitent de leur complicité. Avec autant de vaillance que d’impertinence, elles se moquent de leurs contemporains, qu’elles regardent généralement passer depuis le banc de leur arrêt de bus ou leur chaise de bistrot. Elles portent aussi un regard décalé sur les Jeux Olympiques de Paris 2024 ou soignent ce qui reste de leur santé. Autre fil rouge récurrent de ce 5ème opus : elles n’ont pas attendu de côtoyer les punk (en couverture) pour envisager le « no future », c’est-à-dire ne rien attendre d’autre de l’avenir que leur emboitage inéluctable dans un cercueil au fond d’un trou. Le dessin jeté, ultra caricatural, reiserien, de cette nouvelle salve de gags fluidesques, fait écho à la prolifération de leurs rides et autres déformations de l’âge.