parution 14 février 2020  éditeur Jarjille éditions  Public ado / adulte  Thème Policier

L' Introuvable T5

Le collectionneur

Il aura fallu plus de six ans pour pouvoir découvrir un nouveau chapitre de cette série française qui met en avant comme aucune autre l'amour de la BD franco belge classique. Cela valait la peine de patienter !


L'Introuvable T5 : Le collectionneur (0), bd chez Jarjille éditions de Alep, Deloupy
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Jarjille éditions édition 2020

L'histoire :

Dans la librairie BD l'Introuvable, à Saint-Etienne, Mr Alberto Spelvino, senior originaire d’Espagne et collectionneur passionné, est un client aimable et respecté. Malheureusement, ce jour-là, tandis qu'il farfouille dans un carton de trouvailles que Max, le co-gérant, vient de ramener et alors que ce dernier s'absente quelques secondes, une crise cardiaque va le terrasser. Avant de tomber dans le coma, il susurre quelques mots en espagnol, dont « Los niños… terrible erreur, Penagrande », à l'oreille de Max. Ces mots, s’ils n’évoquent rien à Max, vont déclencher de lourds souvenirs pour Lucia, son amie, « Baronne » de la librairie, elle aussi de souche espagnole. En effet, Penagrande est le nom de la maternité de Madrid où serait né Max et de laquelle Lucia l'a enlevé... Mr Salvino, dont l'état s’aggrave, va néanmoins participer indirectement à la résolution de l'enquête, par le biais d’éléments laissés dans sa maison. En dehors de superbes pièces faisant baver tout Bédéphile, un rare fanzine argentin des années 80 Penagrande, pourrait être la clef du mystère...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

On ne vous révèlera pas grand-chose de cette histoire, sous peine de ruiner son suspens et l'intérêt du récit. Chaque nouveau chapitre de cette série se base sur un principe rigoureux d'enquête, à la manière d'un roman policier. Tout juste pourra t-on dévoiler que le temps a passé et que les événements des deux précédents tomes du Faussaire ont laissé des marques. L’épisode Lucia au Havre pouvant être un peu considéré comme une parenthèse, Max vit désormais avec Lola. Ils ont eu deux enfants, tandis que son ancien ami Samuel et lui ne se sont pas revus. La belle Lola, désormais autre personnage central de la série, va ici participer activement à la recherche, permettant de découvrir ce qui s'est passé ce jour de 1968, en pleine période franquiste, dans cette maternité, après que Lucia se soit enfuie. Si l'on retrouve avec joie les protagonistes des précédents tomes et que l'on savoure un scénario d'Alep aux petits oignons, c'est un plaisir non moins grand que de constater l'évolution du trait de Deloupy. De son vrai nom Serge Prudhomme, il a en effet enchaîné les projets d'envergure ces dernières années, auprès d'éditeurs importants (Algériennes 1954-1962 chez Marabulles, Love Story à l’iranienne ou Pour la peau, chez Delcourt), et cet opus s'en ressent positivement. L’encrage est plus fluide, plus précis aussi. Côté scénario, pas d'effet de manche et de remplissage, pas de lecteur pris pour un enfant, malgré un dessin de style ligne claire aux couleurs tendres : le ton est moderne et sérieux, le récit toujours empreint de repères géographiques, historiques et patrimoniaux. Et cela participe au régal, lorsque l'on aime la BD franco belge (et pas que, d'ailleurs), car les allusions et passages spécifiques sont nombreux et toujours appréciables. Si tout semble couler de source, c'est en fait une précision d'horlogerie qui est à l’œuvre. Dès lors, on comprend que Max, pourtant personnage principal, semblant un peu subir les évènements, n'est qu'un protagoniste parmi les autres : ses amis, amoureux comme lui de livres et de vieilles cartes postales ou de figurines, baignent en effet dans ce milieu de collectionneur. Les auteurs aiment le livre et le mettent en avant, comme peu d’autres albums le font. Pour être parvenus à rajouter à cette liste le fanzinat, il fallait être vraiment passionnés et fortiches. Cinquième tome de la série L’Introuvable, Le Collectionneur est un récit complet qui ravira les amateurs et qui conforte le tandem Alep/Deloupy dans sa position d'auteurs incontournables du média. Arriver à gérer une petite (mais costaude) structure d'édition comme Jarjille et parvenir à écrire avec talent un album de cet acabit, voilà qui force le respect et suscite l'admiration.

voir la fiche officielle ISBN 9782918658832