L'histoire :
En 2009, poussée par son désir d’évasion des « bons soins » octroyés par le milliardaire centenaire Feiersinger, la jeune Lou s’est aventurée dans le dédale des anciennes galeries situées sous le château des Carpathes, où elle vit désormais prisonnière. Elle a alors découvert une vaste cave où sont entreposés des sortes de sarcophages parallélépipèdiques translucides, dans lesquels reposent des cadavres d’humanoïdes possédant des branchies… comme elle ! Elle en déduit que Feiersinger, invétéré chasseur de cryptides, a jadis capturé ces hommes-poissons et qu’elle est elle-même un spécimen de sa collection. Elle le déteste et cherche désormais à s’enfuir de cet endroit. En forçant des portes et en escaladant des amas de vieux meubles, elle trouve une autre galerie qui mène vers l’extérieur. Hélas, dans cette région forestière sauvage, il y a des loups et il semble même apercevoir un zmeu (un homme-dragon volant) !
En 2027, pour échapper à la radioactivité du doomsday – l’apocalypse nucléaire déclenchée par les montées des tensions et les bouleversements climatiques – London Donovan s’est enfermé profondément dans une grotte. Seul, à bout de force, dans l’obscurité totale, il n’a plus rien à perdre : il tente d’en sortir par une galerie immergée. Il est sauvé in extremis de la noyade par les tritons, une espèce humanoïde sous-marine, parmi lesquels vit Kane, l’homme-poisson et père de Lou. Ce dernier s’emploie à tout lui expliquer sur la géopolitique de cette espèce et sur la lignée de Lou…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Un premier cycle ce 10 albums constituait le socle central et intriguant de Carthago, autour du mégalodon, cette espèce de requin préhistorique qui a survécu jusqu’à notre époque. Puis le scénariste Christophe Bec a approfondi et étendu son univers cryptozoologique en trois diptyques, autour des personnages captivants et attachants mis en place : le milliardaire centenaire roumain Feiersinger, l’aventurier Donovan, l’homme-poisson Kane et sa fille Lou. Ce tome 16 est définitivement la pierre angulaire de tout cet univers : il retrace toute l’histoire et referme tous les arcs narratifs mis en place. Comme le précédent, il s’articule en alternance sur deux époques. En 2009, dans l’environnement aussi rustique que délirant de technologie mégalomane d’un château des Carpathes, Lou enfant découvre sa nature exceptionnelle et la toxicité extrême de celui qui paradoxalement, cherche à la protéger, Feiersinger. Et en 2027, dans les jours qui suivent l’apocalypse mondiale, Donovan survit en découvrant la civilisation sous-marine des « tritons antiques ». Ce fil narratif permet au scénariste de retracer l’ensemble de sa saga, par divers récitatifs reliant de manière à peu près exhaustive et cohérente les différentes séquences découvertes dans les précédents volumes ! Alors certes, cette intention confère à cet opus un aspect collection de souvenirs… Mais au moins referme-t-il harmonieusement l’ensemble de la saga. Toujours dessiné par la virtuosité réaliste d’Enio Buffi, dont les cadrages régulièrement spectaculaires insufflent une nouvelle fois le souffle épique au sujet, ce tome est bel et bien le dernier de la série.