parution 14 octobre 2020  éditeur Marabout  collection Marabulles
 Public adulte  Mots clés Chronique sociale / Féminisme / Politique

Le Manifeste des 343, histoire d'un combat

Moment phare de la libération de la femme, ou comment est née l’idée de proposer le manifeste, que la presse nommera « Le manifeste des 343 ». Rappel instructif d’un combat de femmes contre l’antiféminisme dans les années 70.


Le Manifeste des 343, histoire d'un combat, bd chez Marabout de Strag, Duphot
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  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Marabout édition 2020

L'histoire :

Paris, le 26 août 1970. Deux policiers discutent sous l’Arc de Triomphe, quand surgissent des femmes, banderoles à la main : il y a plus inconnu que le soldat inconnu, sa femme ! Ce groupe veut déposer une gerbe en l’honneur de la femme du soldat inconnu. Une journaliste leur demande quelles sont leurs revendications : tout comme les femmes américaines du Women’s Lib, elles réclament l’égalité des droits, des salaires, et l’avortement libre ! Elles résistent aux forces de l’ordre, et sont emmenées dans le panier à salade. La presse évoque alors le mouvement de libération des femmes, le MLF. Nicole écoute la radio, dans sa cuisine, avec son mari François et ses enfants Michel et Anatole. François demande si les manifestations sont le seul moyen de se faire entendre. L’avortement libre est un sujet encore si tabou pour l’époque. Sylvie, qui aide sa mère à la loge, s’occupera d’emmener Anatole au foot. En chemin, elle rencontre son chéri… quelques instants plus tard, ils se retrouvent dans la garçonnière du jeune homme. Entreprenant, elle se demande si elle peut tomber enceinte… il lui répond : « La première fois, tu ne peux pas tomber enceinte… fais moi confiance, je ne te ferai jamais ce coup-là. »

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Hiver 1970, la loi Peyret est à l’étude pour autoriser l’avortement, uniquement thérapeutique. Il faut dire qu’en France, les avortements clandestins se multiplient, souvent dans des conditions précaires, douloureuses, pouvant entraîner de graves lésions, une impossibilité de concevoir, voire la mort. Les femmes veulent être libres et disposer de leur corps. Une journaliste a une idée pour les faire entendre : il s’agira de rédiger un article, un aveu de toutes celles qui ont eu recours à cette pratique pour marquer les esprits et provoquer une crise de conscience sur la gravité de la situation. Ce sera « le manifeste ». Parmi les signataires, Gisèle Halimi, avocate de la cause féminine, Marguerite Duras, femme de lettre, Catherine Deneuve et bien d’autres. Simone de Beauvoir en rédigera l’introduction : Un million de femmes se font avorter chaque année en France.... Cet épisode situé de l’hiver 70 au printemps 71, a fait bouger les lignes en matière de disponibilité du corps humain et du droit à la dépénalisation de l’avortement. Adeline Laffitte et Hélène Strag sont au scénario, et se sont librement inspirées de faits réels. La reconstitution des faits est correcte, de la naissance de l’idée par Nicole, documentaliste au Nouvel Observateur, au combat mené pour arriver à la rédaction et la publication du manifeste, en passant par des phases d’incertitude, la pratique clandestine et ses lourdes conséquences, le rôle des médecins, qui pratiquent des avortements maquillés en fausse-couche, au risque d’être incriminés, est plutôt bien menée. Le graphisme réalisé par Hervé Duphot est sobre, épuré, dans les simples nuances de rouge, donnant à la fois un côté rétro, et par extension, le rouge de la lutte et du sang versé dans la clandestinité. Un ouvrage qui montre la force des convictions, le pouvoir de mobilisation des femmes, et la volonté de combattre les tabous, puis les difficultés rencontrées pour mobiliser les foules. Il permet de rétablir aussi la vérité sur ce manifeste longtemps décrié par les bien-pensants, souvent appelés à tort « le manifeste de 343 salopes », en rappel de la Une de Charlie Hebdo. Pour compléter la lecture, non pas sur le manifeste en soi mais sur l’avortement au début des années 70, Le choix d’Alain et Désirée Frappier ou encore L’évènement de la sociologue Annie Ernaux, et les écrits de Gisèle Halimi. Ce manifeste sera le précurseur à la loi sur la dépénalisation et la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse défendue par Simone Veil à l’Assemblée Nationale, le 26 novembre 1974, par ces paroles retentissantes à la tribune : Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame.

voir la fiche officielle ISBN 9782501133098