L'histoire :
Il y a 8 ans, Theresa quittait son bled natal, Limberlost et surtout sa mère, une voyante qui ne lui consacrait aucune attention, accaparée par les cartes et la divination de laquelle elle tirait de modestes subsides. Son père ? Jamais connu, ni même rencontré. Mais elle est revenue parce que sa mère est tombée malade. La picole non stop et quelques dizaines de clopes, rien de tel pour fabriquer un méchant cancer ! Le problème, c'est qu'elle déteste cette ville. Le problème, c'est qu'elle déteste son passé. De son enfance, elle n'a que son grand-père à qui se rattacher. Mais il est mort depuis quelques temps. Il y a Melissa aussi, dont elle a été amoureuse, mais Theresa a tout fait foirer en quittant la ville sans lui dire un mot. Melly est depuis mariée à un flic. Ils ont eu un garçon et ce n'était pas une super idée de pointer chez elle en pleine nuit, complètement bourrée. Et puis sa mère continue à faire n'importe quoi avec ses putains de clopes... Bref, Theresa se demande sérieusement ce qu'elle fout là, quand d'étranges visions s'imposent à elle...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Ce n'est un secret pour personne, s'il y a un domaine dans lequel Jeff Lemire excelle plus que tout autre, c'est celui des histoires de famille. Minor Arcana obéit à ce postulat, puisqu'il met en scène Theresa, une jeune femme qui revient dans le bled paumé qu'elle a quitté, pour ne pas abandonner une mère médium tombée malade. Elle qui a fui la petite ville dans laquelle elle a toujours eu le sentiment de ne pas être autorisée à être qui elle est, elle qui a rejeté les étranges arcanes liées à la cartomancie et aux tarots, revient à contre cœur mais elle prend en pleine tronche des visons qui s'imposent à elle et qui la mènent à découvrir une partie d'un passé resté secret. Avec ce volume 2, l’auteur canadien fait du grand-père de Theresa la figure centrale de ces épisodes #6 à 10 et il introduit encore plus de mystère avec l'apparition d'une société occulte qui semble déterminée à couvrir un secret et ce, quelques soient les moyens à prendre. Le récit est toujours aussi immersif, avec cet aspect lent qui colle à cette petite ville tranquille mais qui masque aussi des aspects sombres et encore peu apparents au lecteur. Mais c'est un faux rythme car avec Lemire, la lenteur s'assortit de l'intensité, car c'est un maître de la psychologie des personnages. Il installe, puis développe, pour réussir à captiver. Côté dessins, la nouveauté vient de de deux chapitres signés par Letizia Cadonici, à l'aide digitale, dont le dessin est moins chargé que celui de Lemire, mais qui s'inscrit tout de même dans sa charte graphique. La différence ne choque pas. Alors à l'issue de ce second tome, on sent que Jeff Lemire en a encore sous le coude et on pressent (est-ce une vision ? ) que le meilleur de la série est encore à venir !