L'histoire :
Trompettiste virtuose et cambrioleur de haut vol, Jazz Maynard est revenue à El Raval, son quartier barcelonais d’origine, pour venger sa sœur. Droguée, Laura était en effet devenue le jouet de proxénètes au sein d’un groupe mafieux. Après avoir partiellement butté les responsables (car Jazz est également un combattant et un flingueur hors pair), il a du s’affranchir d’un contrat à hauts risques pour remercier son ancien ami Judas Melchiot de l’avoir tiré d’un mauvais pas : le vol d’une pièce de monnaie d’une valeur inestimable, pour le compte d’un parrain hongkongais. Il s’aperçoit à présent que tout ceci n’était qu’un piège, auquel Judas a participé à son insu, orchestré par l’adjoint au maire de la ville, l’immonde José Maria Cébes. En effet, aujourd’hui, le maire en place est retrouvé pendu chez lui, juste après avoir confier à Lucia, journaliste intègre et petite amie de Judas, une pleine mallette de documents compromettants. Détournements de fonds, débauche de mineurs, assassinats… les preuves sont accablantes, le scandale imminent. Le commissaire Blanc, lui aussi intègre, sait que ce suicide n’est qu’une mise en scène. Mais alors qu’il rencontre la journaliste et découvre le contenu de la mallette, des bonzes tueurs munis de sabre viennent récupérer les précieux documents.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
En trois tomes, ce Jazz Maynard (Maynard, comme le chanteur du groupe de hard-rock Tool) venu d’Espagne aura fait l’effet d’une vraie bombe ! Repéré à Barcelone par l’indispensable JD Morvan, le duo Raule et Roger aura offert à Dargaud une trilogie en forme de polar violent, d’une redoutable efficacité. Contrairement aux deux premiers volets, le scénario de Raule pour ce troisième opus se déroule en flux tendu, sans aucun flashback, mais toujours selon plusieurs trames alternées. Le dénouement de l’intrigue, quasiment en huis-clos, prend pour cadre l’intérieur d’une tour de bureaux, ce qui fait penser par moments au film Piège de cristal (Die hard 1). Le nombre des protagonistes, leurs alliances, traitrises et interventions surprises donnent alors lieu à une quantité impressionnante de rebondissements et de coups de théâtres. Un peu comme dans un Vaudeville, en fait, à part qu’ici, il n’y pas que les portes qui claquent. Certains ballets sanguinolentes rappellent également le célèbre règlement de compte au sabre de Kill Bill. Ça flingue, ça castagne, ça gicle, ça découpe en tranche, ça explose… bref, ça décoiffe ! Avec un dynamisme graphique rarement vu en BD, le dessinateur Roger impose un style très percutant : lignes de fuites, recherches d’angles originaux, découpage dense, encrages soignés, que vient renforcer une colorisation exclusivement bichromique idoine. Ce troisième tome marque (snif) la fin de la trilogie, mais pas de la série ! Pour le bonheur des fans, il paraîtrait qu’un nouveau cycle est d’ores et déjà au programme…