L'histoire :
New-York, Kennedy Airport. Les passagers du vol 310 en provenance d'Orly se présentent vers la douane et le contrôle des passeports. Parmi eux, Tif et Tondu.Si le barbu est très organisé, le chauve, lui, ne trouve rien de mieux que déposer son passeport sur le tapis roulant, qui, fatalement, finit par avaler le justificatif d'identité. Les douaniers américains n'apprécient que très peu la chose, sans parler des autres passagers qui commencent à pester sur l'étourderie du frenchy. Mais la complication des formalités n'est qu'un détail, car un personnage assez louche se trompe de valise, embarquant celle de notre célèbre dégarni à la place de la sienne. Ce drôle de type n'est autre qu'un tueur de la mafia italienne, qui va devoir retrouver son précieux bien...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Pour Tif et Tondu, c'est la seconde fois que les States sont le théâtre de leurs aventures rocambolesques. En effet, leur baptême du feu US remonte à Passez muscade, album écrit quasiment 20 ans avant par Maurice Rosy. Contrairement à son prédécesseur, Maurice Tillieux puise directement aux sources d'une de ses principales inspirations : le cinéma. En effet, la valse des valises qui marque la première scène n'est pas sans rappeler quelques scènes du film Oscar, réalisé par Edouard Molinaro. Mais la principale référence, c'est bien sûr French Connection, réalisé 3 ans avant la prépublication de l'album dans le journal Spirou. Le long métrage de William Friedkin, celui-là même qui signa aussi L'exorciste, campe en effet l'histoire de deux détectives qui trempent en plein trafic de drogue. Bien sûr, la BD est moins violente, mais on peut tout de même souligner le double crime à la planche 6 ! Il y a aussi fort à parier que Maurice Tillieux a abondamment puisé des éléments narratifs au sein d'une autre BD franco-belge, Clifton à New-York, écrite par Raymond Macherot et parue en 1960 dans le journal concurrent Tintin ! Quoi qu'il en soit, le rythme est excellent et les décors de Will sont somptueux. Le dessinateur ne s'était pas rendu sur place mais il avait pu bénéficier d'une abondante documentation ramenée par son scénariste, en particulier pour les quais de la Grosse Pomme. Un incontournable de la série !