L'histoire :
La petite Elise, de santé fragile, arrive avec ses parents en voiture devant une ferme isolée des abords de Trouillensac. C’est leur nouvelle propriété, qu’un architecte va transformer afin que ça ressemble à un petit paradis. Mais pour le moment, le lieu laisse pantois la mère de famille : c’est délabré, un vrai dépotoir, ça sent mauvais et il y a des abeilles partout ! Ils sont surtout agacés que le promoteur immobilier, avec qui ils ont rendez-vous, ne soit pas présent. En tournant autour d’une grange, la mère tue une abeille pour éviter qu’elle attaque Elise. Aussitôt, un type inquiétant apparait. C’est le propriétaire des lieux, il est apiculteur et il leur précise sèchement que sa ferme n’est pas à vendre, quel que soit le prix et quelles que soient ses dettes. Le père de famille est insistant mais méfiant. Il fait remonter en voiture sa femme et sa fille, puis ils repartent. Tandis qu’ils s’éloignent, l’apiculteur entre dans une sorte de transe et des milliers d’abeilles se mettent à virevolter en essaim vortex autour de lui. Il ordonne à ses abeilles d’attaquer la voiture. Les essaims s’empressent alors de s’agglutiner sur le pare-brise, rendant la visibilité nulle… et la voiture fait une sortie de route.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Une voix off lugubre nous invite en préambule, toujours à la manière des Contes de la crypte, ou de la série TV des années 1980 Le voyageur (The Hichthiker), à écouter une anecdote horriiiiible qui s’est passée dans ce patelin bidon du middlewest américain et cependant bien nommé à la française pour les jeunes en quête de frissons, Trouillensac. Et voilà la petite Elise et ses parents qui veulent à tout prix acheter la ferme d’un apiculteur inquiétant et rednek… qui n’est pas du tout d’accord. Du coup, il envoie ses abeilles attaquer les parents et Elise. Du coup, Elise se défend avec l’aide d’un avatar super-héroïne virtuelle qui flotte à côté d’elle. Du coup, elle s’enfonce façon spéléologie dans les entrailles de la terre pour tuer la reine-mère qui a transformé ses parents en monstres gluants. Bref, c’est une nouvelle fois du grand gloubiboulga de scénario, sensé faire frissonner les gamins à partir d’images spectaculaires. On sent les influences des films d’épouvante de la fin du XXe siècle (Alien 2, Candyman, La mouche…), mais cette aventure ne rime à rien, avec zéro psychologie de personnages, des retournements de situation improbables et des ficelles narratives tellement grosses qu’on dirait des câbles de téléphérique. Le dessin dynamique de Paul Drouin et les jolies couleurs de Lorien feront néanmoins passer la pillule aux jeunes qui accepteront de suivre d’un gentillet moment de délassement.