L'histoire :
En son château de Rome, en l’an 1440, le pape Eugène IV s’apprête à recevoir l’émissaire du nouveau patriarche de Constantinople, Dorothée de Mitylène. Eugène IV a une stratégie pour faire bonne impression et d’asseoir sa légitimité sur la chrétienté, au détriment de son rival Félix V, antipape proclamé par le concile de Bâle. Il a en effet fait venir différents artistes, parmi les meilleurs de leurs disciplines, pour éblouir l’émissaire de l’Eglise orthodoxe. Ainsi, le scénographe Jhen Roques voyage-t-il au même moment en compagnie du portraitiste Jean Fouquet, de Filarete l’architecte de Florence, de la chanteuse et musicienne Angéline de Waldo et du frère de cette dernière, sous bonne escorte de Biondo. Cependant, alors que l’entente est cordiale entre Jhen, Fouquet et Filarette, la fratrie de Waldo se tient à l’écart et globalement antipathique. Angéline et Athanasius s’isolent même pour « travailler leurs gammes ». En réalité, le frère et la sœur participent d’un complot fomenté par un énigmatique moine encapuchonné au service de Félix V. L’étui de leur luth cache notamment une arbalète de précision. Et les talents d’Angéline pour se servir de cette arme n’ont d’égaux que sa voix enchanteresse…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Voilà donc Jhen embarqué dans un complot ourdi par un faux pape contre le vrai pape. En effet, en 1439, le concile de Bâle a élu second pape Félix V (le duc de Savoie, Amédée VIII), rival à Eugène IV, dans le but de fusionner les schismes d’orient et d’occident. Hélas, la manigance authentique a été de courte durée (10 ans). La présente intrigue débute dans ce contexte, en 1440, lors d’une visite d’un émissaire de Constantinople à Rome. Désireux d’accueillir ce dernier en grandes pompes, Eugène IV mande des artistes de renom, dont le scénographe et architecte Jhen. Parmi ces artistes, se cache aussi un traître assassin, au service d’un moine au visage caché dans une large capuche… Cet ennemi, un revenant d’un précédent tome, qui a un compte à régler avec Jhen – à l’instar d’Axel Borg dans Lefranc – ambitionne d’assassiner le vrai pape et de faire porter le chapeau à Jhen, pour accomplir sa vengeance. Evidemment, rien ne va se passer comme prévu… et cette conspiration tuyau-de-poêle, qui ne manque pas d’incohérences et de grosses ficelles, va lamentablement foirer. Elle incriminera tout de même passablement le héros, qui devra se dépatouiller pour prouver son innocence. Pour accompagner les gros sabots du scénario, le dessin de Nejib ne manque pas non plus de défauts. Parfois, le style réaliste imposé par le cahier des charges Jacques Martin parait avoir été envoyé à l’imprimeur par fax, tant le détail du trait est saccadé. Parfois, ce sont des erreurs de proportions, de rythme dans l’action ou de logique atroces. Par exemple, le bond que fait Jhen quand il s’évade par une fenêtre (p.34) est inadmissible dans ce registre réaliste… et décrédibilise tous les efforts documentaires de retranscription historiques (dates, personnages, costumes, monuments, mobilier…).