L'histoire :
Sur les quais du port de la ville sans nom, un rafiot accoste et trois sacs sont jetés par dessus bord avant que trois gars débarquent sous les hurlements du Capitaine. The Goon, Franky et le petit Rosco quittent piteusement le navire. Tout ça parce que Franky a foutu accidentellement le feu à la salopette imperméable d'un marin... Qu'importe, The Goon fixe les premières maisons, l'air dépité parce qu'il s'était juré de ne jamais revenir dans ce bled et le voilà. Il a le sentiment amer de s'être fait ramener ici comme un couillon. De toute façon, avant d'envisager quoi que ce soit, un verre s'impose alors voilà le trio en route chez Norton. Il ne sont pas encore entrés qu'ils dénotent un changement : il y a eu un ravalement de façade. Un vieux mataf édenté qui passe par là leur explique que cela c'est imposé après que des singes célestes en feu soient tombés à travers le toit. Voilà qui n'annonce rien de bon...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A l'instar d'un Mignola qu'on rattachera toujours à Hellboy, Eric Powell sera à jamais associé à The Goon. Et si on ose la comparaison, c'est que les deux auteurs et leur œuvre respective ont quelques points communs. Auteurs complets et graphistes d'exception, tout d'abord. Tous deux empruntent également au folklore et à la mythologie du fantastique et enfin, leur héros récurent était censé prendre leur retraite, mais ils repartent pour un tour. Hellboy, certes à travers des séries dérivées et pour le cas de The Goon, c'est bel et bien cette fois un nouveau départ. On pensait en effet qu'avec Les Seigneurs de la Misère, on assistait à un tomber de rideau mais non, puisque ce volume reprend les 6 premiers chapitres de la nouvelle série. Et autant vous le dire, il n'y a pas de quoi bouder son plaisir. Le grand costaud et son poto psychopathe reviennent chez eux et ils font faire un sacré ménage car des petits malins ont pris leurs aises durant leur absence. Classique pour un scénario en forme de come back, mais qu'est-ce qu'on se régale ! Goules, momies et autres malfrats vont prendre cher dans un mélange parfait entre action et humour que le créateur de la série nous concocte avec l’aide de Thomas Sniegoski. Quant aux dessins, ceux de Powell sont toujours aussi beaux et Brett Parson ne démérite pas en prenant la relève des deux derniers chapitres de cet opus. Enfin, pour parfaire ce petit régal, on a droit à un cahier de croquis, d'études préparatoires, de Wip et de couvertures, mais aussi une histoire en 6 planches parue pour le numéro spécial 65e anniversaire de Playboy. Vivent les tétons libres, comme le clame Franky !